|
|
Le plan Fillon pour réduire le déficit public |
|
Trémeau Bernard - mercredi 31 août 2011
impots, dette, reformes
Mercredi 24 août, notre Premier ministre a longuement détaillé le plan que le gouvernement français devait mettre en œuvre pour ramener, fin 2012, la dette de la France au niveau décidé avec le gouvernement allemand : 3 % du PIB.
Il faudra trouver 1 milliard d’euros en 2011 et 11 milliards en 2012. On devra donc réduire les dépenses ou augmenter les impôts.
Or, la situation actuelle de la France et de l’Europe est loin d’être bonne :
– Le chômage en France a augmenté, ce deuxième trimestre, de 1,3 %, tout particulièrement le chômage des jeunes.
– La croissance de l’économie française s’est encore ralentie. Notre gouvernement annonce une croissance de 1,75 % de notre PIB (notre richesse à tous) en 2011 au lieu des 2 % prévus.
– Pour que le chômage régresse en France, il est nécessaire que la progression du PIB soit supérieure à 3 %…
– Depuis des semaines, les marchés spéculent contre l’euro et veulent sa mort.
Dans de telles conditions, réduire le déficit du budget de l’État relève de la quadrature du cercle.
On peut augmenter les impôts, et c’est le choix qui est fait le plus souvent.
On peut augmenter les impôts des consommateurs. Si on augmente, par exemple, la TVA, on réduit, dans un premier temps, le pouvoir d’achat de ceux à qui l’on prend de d’argent. Ils consommeront moins.
On peut aussi augmenter les impôts des entreprises qui sont exposées à la concurrence internationale : elles seront encore moins compétitives.
Dans les deux cas, le chômage va augmenter. Les Français dépenseront moins. De plus, ils auront peur du chômage et mettront un peu plus d’argent de côté. Ils consommeront encore moins et le chômage augmentera un peu plus.
On peut encore « raboter » les niches fiscales. Il y en a des centaines. Mais, en agissant ainsi, on réduit l’aide qu’apportent spontanément à l’État ceux qui en profitent. Nos monuments historiques seront, par exemple, moins bien entretenus.
On peut enfin augmenter les impôts des riches, ce qui plaît beaucoup à l’opinion publique.
Mais les entreprises « riches » fuient la France et vont en toute légalité faire leurs bénéfices ailleurs, comme Renault ou Peugeot. Les investisseurs, source de richesse et d’emplois, fuient la France.
Les particuliers « riches » fuient aussi en toute légalité la France et trouvent au Luxembourg, en Suisse ou à Monaco des endroits qui leur permettent de vivre mieux qu’en France.
Autre solution : diminuer les dépenses.
On peut réduire le nombre des fonctionnaires, les faire travailler plus en les payant plus. Les syndicats s’opposent avec vigueur à ce type de comportement. Et les communautés de communes ou les régions, en cours de création, sont obligées d’embaucher de très nombreux fonctionnaires locaux.
Par ailleurs, on manque de policiers dans certains quartiers.
On peut diminuer les revenus des ministres ou des élus. Ce type de proposition est très à la mode. Mais les économies ainsi réalisées sont marginales et ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’immense fleuve des dépenses.
On peut réduire encore un peu plus la progression des revenus des médecins ou des enseignants. Mais on ne trouve plus de médecins et l’on manque d’enseignants dans des secteurs de plus en plus nombreux.
On peut réduire certaines dépenses sociales : augmenter l’âge de la retraite, réduire les remboursements de la Sécurité sociale, supprimer les allocations données à des personnes ayant une double nationalité…
Notre Premier ministre a longuement détaillé toutes les mesures que le gouvernement français avait l’intention de mettre en place.
Il a aussi annoncé une harmonisation des fiscalités des pays qui sont unis dans la zone euro, ce qui est une excellente mesure. Mais combien de temps faudra-t-il pour que les 17 pays donnent leur accord. ? Deux ans, dix ans, ou un siècle ?
Il a enfin annoncé vouloir inscrire dans la constitution française l’interdiction de faire des dettes, mais cette loi ne sera pas votée…
Le jeudi 25 août, le CAC 40 reprenait un peu de vigueur. Mais le vendredi 26 août, le cours des obligations grecques plongeait à nouveau.
La spéculation contre l’euro n’a pas cessé…
13 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Fraude
Les services de l’État chargés de lutter contre la fraude fiscale ont récupéré 1,2 milliard d’euros depuis 2009.
Chiffres significatifs
Suicide > Entre 40 et 50 policiers se suicident chaque année en France, soit un taux supérieur de 36 % à la moyenne de la population.
HLM > L’État prévoit d’investir 2,8 milliards d’euros d’ici 2014 dans la construction et la rénovation des HLM !
Intérim > En glissement annuel, l’emploi intérimaire a augmenté de 7,9 % en juin.
Infirmier > Environ 450 000 infirmiers exercent en France.
Règle d’or > 60 % des Français approuvent que la règle d’or (limitant les déficits publics) soit inscrite dans la constitution. Ce chiffre monte même à 81 % pour les sympathisants de droite. Mais seulement 35 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy est plus crédible sur ce sujet que François Hollande !
Bac pro > Cette année, 171 702 candidats ont passé les épreuves du baccalauréat professionnel (contre 128 773 en 2008), dont 74,1 % avec succès. Soit une augmentation du nombre de candidats de 33,3 % en 3 ans, alors que le nombre de candidats au bac général n’a augmenté que de 6,8 % !
E-books > La vente de livres numériques a représenté 6,4 % des achats de livres aux États-Unis en 2010, contre 0,6 % en 2008…
Garde à vue > Le nombre de gardes à vue (qui, désormais, requièrent la présence d’un avocat) a chuté de 26 % au mois de juin. Dans la foulée, le nombre de faits élucidés a diminué de 9 % et le nombre de personnes mises en cause de 11 %… |
|
|
|