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Le président iranien au Liban : une donnée géopolitique majeure


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de Beaufort Hubert - vendredi 12 novembre 2010

israel, iran
Le président Ahmadinejad a donc fait une visite officielle au Liban : le Hezbollah lui a fait un triomphe, ce qui n’étonne pas, mais ce qui est nouveau, c’est qu’il se présente désormais comme un leader arabe qui lutte contre l’Occident et contre Israël.

 

Et il se veut aussi le défenseur officiel du Liban.

C’est un séisme géopolitique car désormais son influence devient aussi dominante en Irak où les Chiites représentent les 2/3 de la population, alors que les USA commencent à quitter le pays. Nous avons déjà fait remarquer qu’un rapprochement avec la Turquie est possible puisque Ankara reste tentée de récupérer Mossoul qu’elle n’a pu conserver en 1920 et qu’alors Téhéran se rattacherait le sud avec son pétrole.

L’Arabie saoudite serait fragilisée, le Koweït et les émirats menacés.

N’oublions pas les chiffres : Turquie et Iran ce sont 75 millions d’habitants chacun face aux 25 millions de Saoudiens.

L’Iran tisse sa toile et elle se trouve de facto aux frontières d’Israël avec son allié syrien.

Attaquer l’Iran et ses installations nucléaires de la part de Tel-Aviv ou de Washington est chaque jour moins envisageable, alors qu’Al-Qaïda progresse en Afghanistan et au Pakistan.

Symétriquement, Israël ne fait rien pour régler le problème palestinien qui ulcère chaque jour davantage le monde arabe.

Les Etats Unis veulent une chose et son contraire : l’amitié de la nation arabe et l’amitié d’Israël dont la politique nourrit jour un islamisme qui gagne chaque jour du terrain.

Cette montée des périls s’ajoutant à la double défaite Irak, Afghanistan met non seulement l’Occident face à des risque d’attentats croissant, mais il ne contrôlera plus des productions pétrolières qui restent vitales pour son économie.

Sur le plan stratégique, Israël ne peut espérer pouvoir faire face à la coalition de 300 et peut-être même de 500 millions de musulmans.

L’arme atomique n’y changera rien, car elle est inemployable, et quant aux armes classiques, les révolutions techniques rendent obsolètes celles qui ont fait les succès du passé, à commencer par les chars.

Alors que faire ? Un préalable : la Maison-Blanche doit imposer à Tel-Aviv la création d’un état palestinien viable. Les pays arabes ne peuvent admettre la politique de colonisation continue de la Palestine, rendant inviable la création d’un Etat.

Le temps est compté, mais c’est encore jouable : puisse les dirigeants le faire comprendre avant que l’engrenage des conflits n’échappe à tout contrôle.

Hubert Beaufort

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame


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