Lévy Gabriel - lundi 05 décembre 2011
islamistes
C’est chose faite : toutes les révolutions arabes, sans aucune exception, se soldent par l’arrivée des partis islamistes au pouvoir. L’hymne à la démocratie s’achève donc par une chape de plomb qui s’abat sur les berges de méditerranée, et dont nous ne mesurons pas encore les conséquences. Comme le dit Madame Jeannette Bougrab, notre secrétaire d’État à la jeunesse : « Je ne connais pas d’islamisme modéré… il n’y a pas de charia " light "… parfois la dictature peut venir des urnes » (Le Monde du 3 décembre 2011).
Une fois de plus la politique étrangère de la France s’est fourvoyée en fournissant des armes lourdes et des financements aux ennemis de la liberté (la charia n’est pas la liberté). Ce qui est le plus frappant est la persistance dans nos erreurs de M. Chirac à M. Sarkozy.
Que reste-t-il de la mythique Union pour la Méditerranée ? Une administration onéreuse.
Deux faits significatifs lus dans la presse du 3 décembre :
M. Assad, ironique, annonce qu’en raison des critiques de la France, la Syrie annule sa participation à cette organisation. Dommage qu’il ne l’ait pas fait en juillet 2008, nous aurions économisé le prix de son séjour au Grand Hôtel Intercontinental de Paris.
Au Liban, des mesures de précautions sont prises depuis hier pour protéger les ressortissants de la France, ce qui n’empêche pas les contribuables d’icelle de financer l’administration de ce pays. Avisé peut-être, le gouvernement français a prévenu l’ONU qu’il ne souhaitait pas assurer de nouveau le commandement de la FINUL, ce « machin » pur produit français, puisque conçu par la France pour assurer le calme à la frontière libanaise. Le premier général français, M. Grazziani, qui devait faire respecter le désarmement de cette zone – plus préoccupé par ce qui se passait dans le ciel (les avions israéliens) que ce qui se passait à terre et sous terre – s’est illustré en permettant la multiplication des missiles du Hezbollah . En Galilée, les miracles sont fréquents !
Un coût élevé, car demain nos gouvernants nous répéteront la nécessité de promouvoir la démocratie dans ces pays en assurant, à nos frais, leur développement économique (3,5 milliards d’euros à la Tunisie, quelques autres milliards prévus pour l’ensemble des 5 pays « libérés »), l’entretien de leur nouvelle administration (une poignée de millions pour l’autorité palestinienne), voire leur armement. La France ne devait-elle pas offrir récemment 110 missiles antichars à l’armée libanaise, soulevant l’ire de quelques députés, confondus par une telle imprudence (question écrite de M. Richard Mallié) ?
Puisqu’il faut faire des économies, notre président dispose là de quelques recettes… Parions qu’il n’en fera rien, car tous les présidents, quelle que soit leur étiquette politique, et peut-être leurs convictions, considèrent la politique proche-orientale du Quai d’Orsay comme une danseuse pour laquelle la munificence s’impose. Mais attendons-nous à pire : un gouvernement de gauche proposera d’importer le printemps en France, sous couvert d’instaurer la démocratie dans les collectivités locales.
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