Rouxel Jean - dimanche 02 octobre 2005
On ne connaît pas le candidat socialiste aux prochaines élections présidentielles. En revanche, chacun peut déjà avoir une idée précise du programme de ce candidat pour 2007. Les motions préparatoires au congrès de novembre, qui fourniront la base de ce programme, sont, en effet, étonnamment convergentes. Cinq motions sont présentées aux militants PS. Parmi ces cinq, trois seulement peuvent espérer dépasser le seuil fatidique des 5% nécessaires à la représentation de leurs auteurs dans les instances dirigeantes: celle de François Hollande (Socialistes pour réussir à gauche), celle de Laurent Fabius (Rassembler à gauche), et celle du Nouveau Parti Socialiste d’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (Pour une alternative socialiste). Or, ces trois motions partagent la même phobie de la réforme de l’État, le même mépris pour la social-démocratie européenne et du “blairisme” et le même amour des vieilles recettes marxistes-léninistes. À vrai dire, c’est le contraire qui eût été étonnant. Dès l’instant où l’un des candidats sérieux (Laurent Fabius) choisissait de développer la rhétorique la plus démagogique pour mettre l’actuelle direction du PS en difficulté, il était inévitable d’assister à cet assaut de démagogie. Apparaissent donc des lignes de convergence importantes et inquiétantes: le PS, toutes tendances confondues, considère comme indispensable de “combattre le libéralisme”. Pour ce faire, les vieilles méthodes restent efficaces: durcir le droit social, favoriser la hausse du pouvoir d’achat par une action “volontariste” sur les salaires (revalorisation du SMIC notamment), et financer le tout par une fiscalité confiscatoire (notamment une hausse de la fiscalité progressive, de nature à “faire payer les riches”). À aucun endroit, il n’est tiré de conclusion de la réalité économique que constitue la mondialisation. La seule lutte contre les délocalisations qui soit envisagée est l’interdiction des “délocalisations sauvages” et, en aval, la mise en place d’une énième usine à gaz pour indemniser les victimes sur fonds publics! Face à ce sabir marxiste complaisamment régurgité, une seule exception: Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse, qui dans sa motion minoritaire (Pour un socialisme libéral) conteste “l’étatisme convenu” de ses collègues. Il reste socialiste, mais propose de tenir compte de la réalité; ce n’est déjà pas si mal! Et c’est d’autant plus courageux que cette vulgate marxiste continue à être professée bien au-delà du PS, jusque dans les rangs de l’actuelle majorité…
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