Gelé Gérard - lundi 15 mars 2010
reformes, fiscalite
Il ne faut pas se faire d'illusions, le sacro-saint modèle français est à bout de souffle, fondé sur un niveau très élevé de dépenses publiques (56% du PIB annuel) et sociales (500 milliards d'euros de transferts sociaux par an), un secteur public pléthorique (25% de la population active), un nombre d'élus par habitant exceptionnel (1 pour 226), un pouvoir considérable des collectivités publiques (nationales et locales), une économie dirigée par la puissance publique, un niveau élevé de redistribution, grâce à une fiscalité très progressive et des charges sociales très lourdes et, enfin, une idéologie de lutte de classes très largement répandue, grâce à des médias, des syndicats, une Éducation Nationale et des hauts fonctionnaires majoritairement acquis aux thèses socialistes... C'est tout cela lemodèle français.
Le propre de ce modèle est de ne pouvoir être réformé, car la majeure partie des gens qui ont de l'influence politique, idéologique et culturelle, dans ce pays, sont extraordinairement conservateurs, ils nous annoncent la fin dumonde si nous touchons à un poil dudit modèle.
Elu sur un programme de rupture, notre président a pris la crise financière et sociale en pleine face ! C'est une excuse pour oublier les causes structurelles de notre déclin qui perdure depuis trois décennies.
Chômage, déficits, dettes…
Malgré une politique économique de socialisme rampant, les gauches, les syndicats protestent, manifestent. Avec le soutien de l'armée rouge de notre sphère étatique, ils tirent à boulets rouges sur les 80 « réformettes » de nos dirigeants actuels. Quant aux électeurs de droite, ils sont très déçus, impatients car les minis réformes donnent naturellement des résultats décevants. De plus, elles fâchent les publics concernés.
Les socialistes ne proposent rien de crédible mais exploitent très habilement les inquiétudes des « victimes » de changements pourtant très modestes.
La campagne de désinformation sur le bouclier fiscal est un exemple d'intoxication réussie pour la gauche. Si l'ISF avait été supprimé brutalement, notre situation économique serait bien meilleure : retours des entrepreneurs, des capitaux, des emplois. En fait de rupture, nous avons une réforme ratée, une usine à gaz ! Le fameux bouclier fiscal. Sujet à des critiques à droite comme à gauche, ce qui ne résout pas le problème de l'ISF, impôt aux multiples effets pervers.
Le manque de rupture réelle et sérieuse est à craindre pour le difficile dossier des retraites où les inégalités perdurent ! Une remise en cause du système par répartitions n'est pas envisagée. Pas plus que les privilèges aux coûts exorbitants des régimes spéciaux et des agents des secteurs publics. Il en est de même pour l'avenir de la Sécurité Sociale, de la réforme territoriale et de notre enfer fiscal.
Triste constat…
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