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Le retour au nationalisme serait un désastre


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Trémeau Bernard - mercredi 18 mai 2011

nationalisme
Depuis des semaines, il est évident que, pour les médias, il existe en France une « injustice sociale » qui ne fait qu’augmenter tous les jours. Et, au lieu de la réduire, le gouvernement actuel, « ami des riches », accentuerait les inégalités.

L’histoire montre que la taille détermine les revenus des riches. Plus le marché est vaste, plus les impôts qu’en tire le pouvoir sont élevés.

1) Pendant la paix romaine, en Gaule (de 52 avant JC à 280 après JC), des routes d’une grande qualité ont été construites, comme dans tout l’Empire. Elles avaient un rôle militaire évident, mais occasionnel, permettant aux légions romaines de se déplacer très rapidement pour réprimer une révolte locale. Elles avaient surtout un rôle économique permettant aux marchandises de circuler facilement entre les différents points de l’empire. Les amphores du vin étrusque produit près de Rome ont inondé toute la Gaule. Tandis que l’étain produit en Grande-Bretagne allait jusqu’à Chypre pour faire du bronze. Un véritable marché commun européen a alors existé. Il y a eu de très riches entrepreneurs, possédant de magnifiques villas. Tandis que les empereurs romains se sont fait construire des palais gigantesques.

2) Puis, pendant 500 ans, entre l’effondrement du monde romain, vers 280, et la prise de pouvoir de Charlemagne en Europe en l’an 800, le marché a perdu sa taille européenne. Pour ne retrouver que la taille d’un tout petit territoire regroupant une vingtaine de communes tout au plus, autour d’une petite bourgade. Dans ces tout petits territoires, les unités de mesure sont devenues différentes. De nombreuses monnaies sont apparues. Le seigneur se logeait au sommet d’une motte féodale peu confortable, mais plus facile à défendre. Il était très pauvre.

3) Avec Charlemagne et la « paix carolingienne », le marché a repris une taille européenne. On a remis en service quelques routes romaines. Les moines de Cluny ou de Cîteaux, et tous ceux qui travaillaient pour eux, sont devenus très riches.

4) Puis, avec l’effondrement de l’empire carolingien et la naissance des royaumes européens, le marché a pris une taille nationale. Des droits de douane limitaient aux frontières les échanges. Mais le coût des transports restait encore très élevé. Les rois de France ou d’Angleterre se sont alors fait construire de magnifiques châteaux comme Versailles ou Buckingham.

5) Avec James Watt et l’arrivée des machines à vapeur en 1789, la production des usines explose, tandis qu’à partir de 1804, avec les locomotives et les bateaux à vapeur, le coût des transports s’effondre.
L’offre augmente massivement dans le cadre national et les pays européens créent des empires coloniaux en Afrique, en Amérique ou en Asie. Les produits de ces pays, comme le cacao ou le caoutchouc, atteignent facilement l’Europe. De nombreux entrepreneurs font d’immenses fortunes. Les rois se font reconstruire de vastes châteaux.
Mais des nationalismes puissants divisent aussi l’Europe, et les nations européennes entrent en guerre par deux fois, en 1914 et en 1939.

6) Enfin, en 1945, tout change. Les pays européens décident de ne plus se faire la guerre et de créer entre eux un marché commun. Ils ouvrent leurs frontières aux produits provenant du monde entier. La taille du marché devient mondiale.
Les pays européens décident même, en 1992, de supprimer les monnaies nationales et de créer une monnaie commune, l’euro. Marché commun restant de son côté ouvert aux produits venant du monde entier.

Le perfectionnement des tran­sports par terre par mer ou par air rend chaque jour ce marché mondialisé plus solide. Plus de 50 % de ce que nous consommons provient maintenant de l’étranger.

Ainsi nous profitons rapidement des progrès technologiques réalisés en Amérique ou en Corée. Nos entreprises sont mises en concurrence avec les entreprises du monde entier. Elles doivent innover, devenir ainsi compétitives pour ne pas être éliminées. Mais elles profitent aussi de 6 milliards de clients potentiels. Leurs actionnaires gagnent beaucoup d’argent et leurs salariés en profitent aussi.
Le retour aux nationalismes économiques serait une catastrophe. Notre pouvoir d’achat s’effondrerait…

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En bref
Grèce
 Le déficit public grec s’est élevé à 10,5 % du PIB brut en 2010. Soit beaucoup plus que les 9,4 % estimés par le gouvernement, mais aussi nettement moins que les 15,4 % de 2009 ! La dette publique, quant à elle, a atteint, l’année dernière, 142,8 % du PIB.

Chiffres significatifs
Pétrole > La France produit chaque jour 21 000 barils de pétrole… soit 1 % de sa consommation !

Nosocomiales > 2,8 % des décès enregistrés à l’hôpital, soit autour de 4 200 décès, sont liés à des maladies nosocomiales.

Japon > On estime, à l’heure actuelle, les besoins financiers pour la reconstruction du nord-est du Japon à quelque 33 milliards d’euros…

Déchets > En 2009, un Francilien produisait en moy­enne 475 kg de déchet par an. C’est nettement moins qu’en 2000 : 506 kg par personne et par an.

Pouvoir d’achat > 54 % des Français pensent que leur pouvoir d’achat va diminuer au cours des trois prochains mois.

Emploi > En février, 2,54 millions de demandeurs d’emploi ont été indemnisés par Pôle emploi ou par l’État. Soit 0,2 % de moins qu’en janvier… et 1,7 % de plus qu’en février 2010 !

Famille > 27 % des familles parisiennes sont monoparentales.

Vacances > 14,2 millions de Français ont l’intention de partir en vacances à l’étranger en 2011, un chiffre en hausse de 5 % sur un an.

Déficit > En février, le déficit commercial de la France s’est élevé à 6,55 milliards d’euros.




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