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Le rêve nucléaire du nouveau Darius


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Martoïa Bernard - dimanche 12 février 2006


Lorsqu’on dispose d’un gros bâton, il est difficile de résister à la tentation de s’en servir parfois pour rosser une brute. Pourtant, l’Amérique n’est pas une puissance impériale. Elle est consciente de sa force, mais n’en a jamais abusé.
Entre les États-Unis, la Chine ou la France, je préfère la tutelle de l’Amérique à celle des deux autres en raison des contre-pouvoirs internes qui ont toujours fonctionné dans ce pays à une exception près… Le maccarthysme a été une véritable chasse aux sorcières, mais le bilan des victimes est à relativiser : 739 fonctionnaires révoqués, dix personnalités d’Hollywood condamnées à des peines de prison et la chaise électrique pour les époux Rosenberg.
Vu l’énormité de la responsabilité de ce couple qui avait livré le secret de la bombe nucléaire aux Soviétiques, la peine de mort n’était pas une sentence exagérée. Et pour finir, il ne faut pas oublier que le maccarthysme n’a pu se développer qu’en raison de circonstances exceptionnelles. Le film de George Clooney « Good Night and Good Luck », qui est sur les écrans, passe sous silence que l’Amérique était le dernier domino à résister à l’extraordinaire poussée du communisme.
L’Amérique peut commettre des fautes – plus que quiconque, à cause des responsabilités mondiales qu’elle assume à son corps défendant – mais elle sait faire amende honorable dans un bref délai.
La polémique sur le bilan globalement positif de la colonisation en est le contre-exemple. À quoi rime cette auto-flagellation d’un lointain passé dont les générations actuelles ne sont nullement responsables ? Cette obnubilation d’un passé révolu est symptomatique d’une nation dont le regard reste fixé sur le rétroviseur. N’y a-t-il pas assez de problèmes contemporains où notre responsabilité collective est engagée ? Je pense au massacre de Srebrenica, en 1995, lorsque des milliers de civils encerclés ont été massacrés par des brutes à qui nos veules gouvernants européens s’étaient contentés de répéter, depuis le début des hostilités, de ne pas cogner trop fort. L’Europe a perdu dans le conflit de l’ex-Yougoslavie sa crédibilité sur la scène internationale.
L’Europe a perdu aussi l’occasion de redorer son blason dans sa pitoyable négociation avec les Iraniens. Résumons l’affaire qui remonte à 2003. Inquiète que l’Amérique de George Bush s’empare de ce dossier ultra-sensible qui pourrait dégénérer en choc des civilisations que Samuel Huntington nous a prédit, l’Europe a voulu jouer les médiateurs avec le succès que l’on connaît.
La troïka européenne n’a pas retenu la leçon de Théodore Roosevelt de parler sans élever le ton, mais en gardant un gros bâton à portée de main. Les matois Perses ont très vite compris qu’ils n’avaient rien à craindre des Européens : que ce soit sur un plan militaire avec des frappes chirurgicales sur les sites de recherche nucléaire ou tout simplement sur un plan commercial avec des sanctions économiques. Ils les ont menés en bateau pendant deux années, jusqu’à l’élection du nouveau Darius qui a sifflé la fin de la récréation. Compte tenu de sa déclaration fracassante de raser de la carte du monde l’État d’Israël, il y a de quoi s’alarmer. Il ne faudrait surtout pas le prendre pour un pasdaran qui serait parvenu par hasard au sommet de l’État et qui ferait de la surenchère verbale pour s’imposer. Son rêve est le retour à la grande Perse de l’Antiquité dont l’empire s’étendait de la Mésopotamie aux bouches de l’Indus.
Comme l’Amérique est accaparée par la construction d’une société démocratique en Irak, il faudra bien que quelqu’un fasse, à sa place, le sale boulot de détruire les sites de recherche nucléaire, car tout le monde sait que ce ne sont pas les sanctions économiques du Conseil de sécurité qui empêcheront le nouveau Darius de se doter de l’arme nucléaire.
C’est vraisemblablement le paria onusien qui va nous débarrasser de cette menace. Cela lui vaudra les sempiternelles récriminations de ceux qui se sentiront soulagés, mais qui ne sont pas plus capables de faire acte de contrition que de lui exprimer la moindre reconnaissance pour son sacrifice. Paradoxalement, c’est sur ce minuscule État d’Israël qui n’est pas plus grand que la Sardaigne, que repose désormais la sécurité du monde depuis que George Bush a imprudemment déclaré qu’il excluait des représailles militaires. Le temps presse. Selon les analyses des experts américains, l’Iran pourrait fabriquer sa première bombe nucléaire à l’horizon 2009.


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En bref
MÉDECINS
4 % de la population française, soit plus de 2,5 millions d’habitants, vivent dans des zones sous-médicalisées (où la densité médicale est inférieure de 30 % à la moyenne nationale). Ces zones concernent 12 % des communes et 3 % des généralistes y exercent leur profession…

Divers faits

URSSAF á En 2005, quelque 60 000 entreprises françaises ont été contrôlées dans le cadre de la lutte contre le travail illégal. Ces contrôles ont donné lieu à 3 054 procès-verbaux, constatant 9 747 infractions.

EXOPLANÈTE á Depuis 1995, les astronomes ont découvert 171 planètes en dehors du système solaire. Toutes sont des géantes gazeuses, sauf la dernière située à 22 000 années lumière et dont la température de surface est de -223 °C environ…

CITÉS á La revue « Technikart » s’interroge sur les liens éventuels entre la forte pénurie de canabis connue dans les banlieues au mois d’octobre et les émeutes qui ont suivi quelques semaines après…

INFIRMIER á 23,1 % des élèves infirmiers sont enfants d’ouvriers et 25,6 % enfants d’employés.

ASILE á 674 000 personnes ont demandé l’asile dans le monde en 2004 (soit 19 % de moins qu’en 2003), dont 58 500 en France, 56 000 aux Etats-Unis et 40 600 en Grande-Bretagne…

VIDÉO á Les Français ont acheté pour 1,79 milliard d’euros de cassettes vidéo et DVD en 2005, soit une baisse de 8,8 %. Les DVD représentent désormais 98,5 % du marché (1,76 milliard) et le déclin de la VHS s’accélère (-76,5 % par rapport à 2004)…




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