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Le risque révolutionnaire augmente en France


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Rouxel Jean - mardi 21 avril 2009

villepin, violence
Oui, il y a un risque révolutionnaire en France. Voilà ce qu’a déclaré sur Europe 1, dimanche 18 avril, Dominique de Villepin – qui, depuis quelques semaines, semble cristalliser les oppositions de droite au chef de l’État (sur l’OTAN, sur la gestion de la crise, sur la communication autour du G20…).
Pourquoi ce risque révolutionnaire ? Parce que « les Français ont le sentiment que l’on se mobilise beaucoup pour les banques, on se mobilise beaucoup pour aider les entreprises, mais que les salariés, eux, font les frais de la crise ». Il est vrai que beaucoup de Français ont un sentiment assez proche de ce que décrit Dominique de Villepin. Mais, curieusement, ce dernier ne s’interroge pas sur le bien-fondé de ce sentiment, ni surtout sur son origine.

S’agissant du bien-fondé, on aurait pu s’attendre à ce que Dominique de Villepin fasse remarquer que la bonne santé des entreprises entraînait la bonne santé de l’économie française et donc une amélioration de la vie quotidienne pour les Français.
Mais, non, cela n’intéresse pas notre ancien Premier ministre. Un homme de droite aurait aussi pu critiquer les aides aux banques et les aides aux entreprises.

Personnellement, je crois que les aides aux banques aggravent la crise. Et je crois que les entreprises ont surtout besoin qu’on les laisse travailler en paix, en diminuant leurs charges et en ne les harassant pas de tracasseries administratives.
Mais cela non plus n’intéresse pas Dominique de Villepin. Cependant, le plus important réside dans l’origine du « sentiment » des Français. Cette origine n’est pourtant pas difficile à repérer : elle réside tout entière dans la reprise en boucle par les « grands médias » de la rhétorique d’extrême gauche de Besancenot et consorts.

Là encore, un homme de droite pourrait dénoncer ce discours de lutte des classes. Discours qui ne repose au demeurant sur rien de tangible: encore une fois, il n’y a pas d’un côté les entreprises, de l’autre les salariés. Si opposition il y a, elle se situe entre ceux qui prennent des risques (salariés et entrepreneurs) et ceux qui n’en prennent pas (patrons non propriétaires et syndicalistes de la fonction publique).

Un opposant de droite à Nicolas Sarkozy pourrait en outre critiquer fortement le rôle de l’Élysée dans la progression médiatique de Besancenot (pour des motifs de tactique à la petite semaine contre le PS).

Au lieu de cela, Dominique de Villepin participe à aggraver le risque révolutionnaire en France, en entonnant lui aussi l’air de la lutte des classes…

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