Courrier - dimanche 27 février 2005
La lamentable et scandaleuse affaire du logement de fonction du Ministre de l’économie appelle des commentaires d’ordres divers : – Dans la même situation, un dirigeant de société privée eut été mis en examen pour abus de biens sociaux. Apparemment il n’existe pas de délit d’abus de biens publics… – Puisque le Premier ministre a jugé bon d’édicter une règle fixant des limites pour les logements de fonction des ministres, faut-il en déduire qu’il n’existait jusque-là aucune règle ? – La défense du Ministre de l’économie, à savoir : « Je ne savais pas, ce sont mes collaborateurs qui se sont occupés de mon logement », s’assimile à la lâche attitude de Fabius, alors Premier ministre, dans l’affaire du « Rainbow warrior », sur le thème : « Je ne savais pas, c’est le Ministre de la défense qui pilotait l’opération ». Un patron qui se défausse sur ses subordonnés n’est pas digne de les commander. Accessoirement, je n’imaginerais pas que le loyer d’un duplex de 600 m2 près des Champs-Élysées puisse être bon marché, même si je n’en avais pas négocié le bail ! – M. Gaymard, étant le patron de dizaines de milliers de contrôleurs qui pourrissent la vie de leurs concitoyens le plus souvent pour des sommes très inférieures à 14 000 euros, aurait pu avoir la décence de présenter sa démission devant l’énormité de l’avantage financier qu’il s’octroyait, avantage probablement non imposable de surcroît. Faute de la présenter, le Premier ministre se serait grandi en la demandant. Décidément, nous tournons à la république bananière. J’ai honte pour mon pays.
J.-P. Meurin meurin.jp@wanadoo.fr
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