enseignement du gender
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Le scandale Madoff n’est rien à côté de la dette publique


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
46 VOTES
2437 LECTURES

Rouxel Jean - jeudi 18 décembre 2008

retraites
La crise n’en finit pas de nous faire revenir – brutalement – au réel. En fin de semaine dernière, nous avons en effet appris l’arrestation à New York d’un dénommé Bernard Madoff, soupçonné d’escroquerie. Il ne s’agit pas d’un petit escroc, ni de quelques dizaines de milliers d’euros. L’homme en question est l’ancien PDG de la bourse Nasdaq et on parle d’une fraude à plusieurs de milliards de dollars (entre 20 et 50 milliards selon les sources) !

Que s’est-il passé au juste ? Si nous en croyons les gazettes, M. Madoff, profitant de sa notoriété, a créé une société de conseil en investissements (BMIS). Ladite société promettait des rendements exceptionnellement élevés. Et a commencé par les offrir à ses clients, en levant de nouveaux fonds. En d’autres termes, BMIS honorait ses engagements en en contractant de nouveaux.

Un lecteur des « 4 Vérités » m’écrivait récemment pour me faire remarquer que cela lui faisait penser au système de retraite français. C’est exact : les retraites ne sont en effet servies qu’en prélevant les cotisations des actifs d’aujourd’hui. Mais c’est beaucoup plus général que cela : en réalité, c’est toute l’économie qui reposait jusqu’à cette crise sur ce mécanisme de la croissance par la dette.

Entendons-nous bien. La dette n’est pas nécessairement mauvaise en soi. Mais elle ne peut être bonne que si elle correspond à un investissement. Et c’est bien cet investissement lui-même qui fournit de la croissance. En revanche, évidemment, l’endettement de l’État français pour payer les intérêts de la dette publique est profondément néfaste. Pourtant, alors que tous les commentateurs sont scandalisés par le comportement de Bernard Madoff, on entend rarement des journaux dénoncer la fabuleuse escroquerie de la dette publique !

Disons donc, et redisons, à temps et à contretemps, que l’économie n’est pas un jeu d’écritures. L’économie socialiste a volé en éclats parce qu’elle reposait sur du pur virtuel. C’était la blague fameuse des ouvriers soviétiques : « Ils font semblant de nous payer ; nous faisons semblant de travailler. »

Mais l’économie de marché peut elle aussi cacher sa misère derrière des villages Potemkine. En « créant » de la croissance virtuelle par la dette. Le pire est que cette croissance virtuelle conduit la plupart des acteurs à exiger des rendements de 10 ou 20 % pour leurs investissements. D’où le succès d’un Madoff. Si la crise peut servir à quelque chose, c’est bien à ce retour – douloureux mais indispensable – au réel !

14 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site