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Le scandale des signatures |
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Lance Pierre - mercredi 21 février 2007
elections-presidentielles
Depuis des années que j’étudie les sondages d’opinion, je constate que je suis environ 7 fois sur 10 d’accord avec la majorité des Français. (C’est vrai pour le droit à l’IVG, pour le droit à l’euthanasie volontaire, pour le développement de l’agriculture biologique, pour le scepticisme religieux…).
Cela étonne certains de mes amis, qui, me considérant comme un original anticonformiste évadé du troupeau, peinent à comprendre que je puisse me retrouver le plus souvent en phase avec l’ensemble du peuple français. Ce qu’ils oublient, c’est que l’origine de ma démarche intellectuelle (qui se situe dans les années soixante) fut la découverte des sources gauloises de la civilisation occidentale et mon réenracinement dans la psychologie profonde de notre peuple.
Il est donc logique que lorsque les Français s’expriment d’instinct, leurs réactions rejoignent les miennes. En revanche, lorsqu’ils se séparent de ma vision des choses, je constate que cette divergence résulte presque toujours de la désinformation qu’ils ont subie, soit par un conditionnement éducatif, soit à la suite d’un matraquage médiatique.
Ainsi en est-il, par exemple, de la peine de mort. Les Français étaient opposés à son abolition (dans la proportion d’environ 65 %) lorsqu’elle leur fut imposée en 1981 par la troïka dictatoriale Badinter-Mitterrand-Chirac. Ils ne lui sont plus opposés aujourd’hui qu’à 45 %, parce qu’on leur lave le cerveau depuis un quart de siècle pour les convaincre que l’abolition de la peine capitale est un progrès de la civilisation, alors qu’elle est au contraire un succès de la barbarie désormais impunie.
(On vient de libérer un terroriste basque trois fois assassin, sans se soucier des veuves et orphelins dont il brisa l’existence et qui ont dû apprendre sa libération avec amertume.)
Il en est de même au sujet d’un récent sondage concernant le nombre de parrainages d’élus exigés pour pouvoir être candidat à l’élection présidentielle. 83 % des Français admettent que l’exigence de 500 signatures est une règle démocratique que l’on doit respecter, alors qu’elle est au contraire une trahison patente de la démocratie. Mais comme elle est appliquée depuis 30 ans sans que personne ne l’ait réellement contestée (chaque candidat espérant qu’elle éliminera des concurrents sans l’écarter lui-même), nos compatriotes se sont laissé « endormir » par l’apparente sagesse de cette félonie.
Or, il faut rappeler que lorsque fut décidée par référendum, en 1962, à l’initiative de Charles de Gaulle, l’élection du Président de la République au suffrage universel, il n’était exigé que 100 parrainages. J’emprunte au livre d’Alain Peyrefitte « C’était de Gaulle » des extraits de ses comptes-rendus des Conseils des ministres :
« Conseil du 26 septembre 1962 - Jacques Marette : “Pour écarter les candidatures fantaisistes ou dangereuses, le nombre de 1 000 parrains me paraît indispensable ; celui de 2000, voire 5000, serait mieux encore.“ - Georges Pompidou approuve chaleureusement, bien qu’à voix basse, comme s’il ne voulait pas irriter le Général…
Général de Gaulle : « Mais enfin, pourquoi toutes ces personnalités locales ne pourraient-elles pas se présenter ? Pourquoi voulez-vous absolument les en empêcher ? Pourquoi avez-vous peur du folklore ? Est-ce que la démocratie, ce n’est pas, précisément, que tout le monde puisse se présenter à une élection ? Le peuple fera le tri ! »
Conseil du 2 octobre 1962 - (Pompidou, voulant concilier les points de vue, a inscrit dans le projet 200 parrains) - De Gaulle (s’adressant à Pompidou) : « Pourquoi êtes-vous passé de 100 à 200 parrains ? C’est trop ! 100 sont bien suffisants ! » - Pompidou et Coste-Floret proposent un compromis à 150 pour satisfaire le MRP, mais le Général tranche : « Allons ! Disons 100. C’est tout de même moins tordu. » Personne n’ose plus revenir sur le verdict du Général. »
La règle durera dix ans. De Gaulle meurt en 1970. En 1976, les politiciens de la droigauche font voter la loi qui impose 500 signatures, ce qui est à la fois une trahison du peuple souverain, lequel doit pouvoir choisir son Président en toute liberté, et une trahison du fondateur de la ve République, qui avait confiance en la sagesse du peuple. Et la loi fut votée, tenez-vous bien, le… 18 juin. Un comble !
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TF1 >
Martin Bouygues a demandé à Patrick Lelay - 65 ans en juin - qui dirige TF1 avec succès depuis sa privatisation en 1987, de former son successeur. Lelay devrait quitter son poste après les élections. Son adjoint, Étienne Mougeotte, restera quelques mois de plus, pour passer lui aussi le relais.
Médias
I-Télé > Le 27 février, I-Télé a diffusé un entretien
de 90 minutes avec Youssouf Fofana, meurtrier présumé d’Ilan Halimi. Nicolas Sarkozy a jugé cette diffusion « inadmissible ».
RFI > Le ministère des Affaires étrangères, qui exerce une tutelle sur Radio France International, conjointement avec celui de la Culture, a amputé son budget 2007 de 2 millions d’euros.
« Le Monde » > L’éditeur espagnol « El Pais » est prêt à aider « Le Monde » à racheter les quotidiens régionaux du groupe Hachette.
« Paris Match » > Pascale Guy, ancienne compagne du photographe Patrick Amory, l’a dénoncé comme l’auteur de la photo de Mitterrand sur son lit de mort, publiée dans un numéro historique de « Paris-Match » tiré à 1 800 000 exemplaires.
« Le Point » > Le journaliste d’investigation Hervé Gattegno, connu pour ses révélations sur les affaires Clearstream et Elf, quitte « Le Monde » pour « Le Point ».
« La Croix » > Selon le vingtième baromètre La Croix-TNS Sofres, 60 % des Français doutent de l’indépendance des journalistes.
« Métro » > Le quotidien gratuit « Métro France » - 800 000 exemplaires diffusés dans 12 grandes villes françaises - fête son 5e anniversaire. Son chiffre d’affaires a progressé de 34 % en 2006. |
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