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Le seul problème des partisans du oui, c’est le peuple!


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Rouxel Jean - dimanche 15 mai 2005


Les arguments des partisans du non au référendum constitutionnel du 29 mai prochain sont peut-être souvent outranciers, mais ceux des partisans du oui sont presque tous vicieux!
Les premiers dramatisent et interprètent quasiment chaque article comme porteur du pire. Ils disent: “La France va disparaître”; “Bruxelles va tout régenter”; “Les délocalisations, qui ne font que commencer, vont envoyer au tapis les salariés français”; “L’Europe-passoire va ouvrir ses portes à la misère du monde”… Tout cela est faux ou très exagéré.
Les seconds, par contre, en général bon pédagogues – Chirac n’étant pas le meilleur… – quand il s’agit d’expliquer le texte du traité, ne peuvent s’empêcher d’ajouter à leurs démonstrations des arguments pervers ou spécieux.
Le plus caractéristique est celui-ci: “En disant non, les Français se renieraient eux-mêmes!”. Giscard est français; il est le principal auteur du texte. Les Français sont donc tous ses co-auteurs. Ce syllogisme, pas toujours explicite, justifie par exemple que certains parlent d’une constitution qui transposerait au niveau européen le fameux modèle français (que tout le monde nous envie, comme chacun sait!…).
Il a également justifié les déclarations du chef de l’État, selon lesquelles la Constitution européenne était “fille de 1789”.
Bref, à entendre les défenseurs du oui, ce texte européen a été écrit par des Français, pour des Français!
La faille de cette figure de rhétorique est évidemment que, si toutes sortes de nomenklaturistes français ont, à ce jour, apporté leur pierre – très désintéressée – à la construction européenne, cela s’est fait clairement sans que l’opinion et les électeurs français y soient jamais associés.
L’élargissement de l’Union à la Roumanie et à la Bulgarie – fameux modèles démocratiques! – aura lieu, quoi qu’il arrive, en 2007.
La régularisation des sans-papiers, en fait ou en droit, continuera globalement à se pratiquer au niveau de l’ensemble européen. Et toujours dans la proportion d’une expulsion pour cent régularisations…
Les directives bruxelloises, négociées entre “élites”, continueront à primer sur le droit national et à bien peu – ou seulement par accident – tenir compte des aspirations des Français.
Le problème des partisans du non, c’est sans doute leurs outrances “populistes”. Celui des défenseurs du oui, c’est le peuple, tout simplement!

[Notre page Référendum sur la Constitution Européenne et intégration de la Turquie]


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