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Le sort du monde dépend des Etats-Unis


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Milliere Guy - jeudi 23 août 2007

etats-unis, service-minimum
Que retenir de l’été qui s’achève ? À vrai dire, pas grand-chose. Ou, tout au moins et pour être plus exact : pas grand-chose de neuf. Si on commence un tour d’horizon par la France, on dira que la présidence de Nicolas Sarkozy a démarré avec des réformes fort timides, assez éloignées de la « rupture » dont il avait été question pendant quelques semaines.

La loi sur le service minimum ressemble plutôt à une loi minimale sur la continuité du service des transports. Dans d’autres pays développés, certains secteurs d’activité sont considérés comme si importants que ceux qui y travaillent n’ont tout simplement pas le droit de pratiquer l’« interruption volontaire d’activité » : ce qui est considéré comme élémentaire ailleurs semble donc bien trop audacieux ici. Les syndicats et la gauche protestent, je sais, mais quitte à les voir protester - ce qu’ils auraient fait de toute façon - mieux aurait valu que ce soit pour quelque chose.
Je connais même des pays développés où les transports de voyageurs sont, pour l’essentiel, du ressort d’entreprises privées, et où un mouvement de grève serait considéré comme une rupture de contrat impliquant le paiement de lourds dommages et intérêts. Mais ne rêvons pas : nous sommes en France, et l’idée sacro-sainte de service public ne sera pas touchée.

Une loi sur l’autonomie des universités a été votée, elle aussi, non sans avoir été vidée d’une bonne part de son contenu et de ce qui aurait pu faire des universités françaises des entreprises de production de capital intellectuel performantes à l’échelle planétaire. Les 35 heures ont été « assouplies ». Quelques autres décisions ont été prises, dont l’importance m’échappe. Et c’est à peu près tout.

Je veux bien encore accorder un crédit de confiance au nouvel occupant de l’Élysée, mais j’ajouterais une annotation en marge : peut mieux faire. Si ce qui suivra doit ressembler à ce qui a été fait, on pourra dire que les miettes de changement se perdent dans l’immensité désespérante de la continuité. J’attendrai avant de juger vraiment. Je dirai que si les idées manquent pour placer la France pleinement dans la perspective du dynamisme nécessaire pour éviter le pire, il reste quelques économistes et spécialistes dignes de ce nom en ce pays. Cela pourrait être une bonne idée de les consulter, une meilleure idée, en tout cas, que de confier la rédaction de rapports à des gens tels qu’Hubert Védrine ou Jacques Attali.

Je m’abstiendrai de tout commentaire sur la politique étrangère. L’antiaméricanisme et la mansuétude envers les terroristes qui ont caractérisé les années Chirac semblent appartenir au passé, et, en passant le mois d’août aux États-Unis, Nicolas Sarkozy a eu une excellente idée, forte de charge symbolique, et qui, je l’espère, ne sera pas sans lendemain (les réactions débilo-ringardes de notables socialistes à ce sujet étaient pathétiques), mais la vision stratégique neuve qu’on pouvait espérer se fait attendre.
J’attends d’en savoir plus sur les tractations avec Kadhafi concernant les infirmières bulgares, mais il me semble qu’il y a là bien peu de choses qui évoquent la fermeté et ne seront pas prises, dans le monde arabe, pour de l’apaisement. Le projet de « mini traité » européen, lui, m’inspire les plus vives inquiétudes et ressemble à une façon de faire rentrer par la fenêtre ce qu’on n’a pas réussi à faire rentrer par la porte.

Hors de la France et de l’Europe des vingt-sept, pas grand-chose de neuf non plus. La guerre en Irak se poursuit, comme le conflit israélo-arabe, des inondations tuent en Asie, on meurt en Afrique, les démocrates au Congrès américain perdent toute crédibilité à une vitesse vertigineuse.
Septembre va marquer le commencement d’une ère décisive. La présidence Sarkozy va-t-elle, enfin, souligner qu’elle est porteuse de vraies réformes ou va-t-elle sombrer dans le statu quo ? À l’étranger, que va-t-il se décider à Washington concernant la situation à Bagdad ? Une bonne part du sort de la planète dépendra une fois encore, de ceux qui dirigent la première puissance du monde, et il faudra espérer, une fois encore que les bons choix seront faits. De mauvais choix feraient que l’Amérique refléterait la faiblesse européenne, et dès lors que la faiblesse européenne ressemble, elle, à un grand suicide, il importe plus que jamais de s’en défier.

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En bref
FN
«Il [Nicolas Sarkozy] dit que cette commission [sur la réforme des institutions de la Ve République] représente tous les courants politiques, philosophiques de la Nation. Mais, il n’y a pas de représentants du Front national alors que nous avons des candidats de compétence au moins égale à celle des gens qui ont été désignés.»
Jean-Marie Le Pen

SIC
Rachida Dati «C’est plus qu’une amie, c’est ma sœur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d’elle. Elle est de la race des seigneurs.»
Cécilia Sarkozy

Ras l’bol «Si ma façon d’exister, c’est d’annoncer des mauvaises nouvelles ou des reculs, merci !»
François Fillon

Fumeux «Je compte demander à l’Académie française de rédiger, en collaboration avec d’autres institutions culturelles dans le monde entier, une “Déclaration des droits de l’homme et du développement durable”.»
Jean-Louis Borloo

Libye «Je souhaite que la rupture ce soit aussi que, lorsqu’il y a un problème de ce genre, le ministre des Affaires étrangères ne se contente pas de silence et que le président de la République ne se contente pas de réponse fortuite à la télévision.»
Claude Goasguen,
député UMP de Paris

Narcissisme «Comme c’est satisfaisant d’entendre parler de soi, de voir son image, de se croire quelqu’un d’important.»
C. Boutin, ministre du Logement

Chine «La cupidité de la nomenklatura risque de condamner la Chine à rester l’atelier du monde pour fabriquer des produits de basse et et de moyenne gamme à faible valeur ajoutée.»
Thierry Wolton, chercheur




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