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Le succès de Berlusconi : un exemple à méditer


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Courrier - lundi 20 décembre 2010

italie
Une fois de plus, Berlusconi a remporté ce 14 décembre un succès politique majeur. Rappelons que les élections législatives en 2008 avaient été gagnées largement par une union des droites, c’est-à-dire le Pôle de la liberté fondé par Silvio Berlusconi, comptant pour environ 30 % des voix, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, fédéraliste et régionaliste, soutenue surtout en Vénétie et Lombardie, et l’Alliance nationale, nationaliste, enracinée surtout dans l’ancien Royaume de Naples.

La constitution d’un bloc de toutes les familles politiques de la droite s’imposait du fait du partage par moitié des opinions dites de droite et de gauche, situation banale, en Italie comme ailleurs. Tous les scrutins municipaux, régionaux, européens, ont, depuis, confirmé la légitimité démocratique de ce choix. Ces victoires sont dues au charisme et au courage personnels de Berlusconi et à sa capacité de construire un parti (Popolo della libertà), très actif partout sur le terrain.

Après de tels succès, on ne s’étonnera pas de voir le président Berlusconi accablé de sarcasmes, attaqué de toutes parts par les médias européens et particulièrement en France, où les gouvernants persistent à rejeter l’évidente nécessité d’un ralliement de tous les électeurs droitistes et centristes.

Le caractère exubérant et humoriste de Berlusconi a toujours exaspéré les bien-pensants. Cet été, les désordres de sa vie privée, orchestrés par la presse, ont suscité la dissidence du président de l’Alliance nationale, Gianfranco Fini. Cet homme politique, qui avait su faire évoluer l’extrême droite italienne vers un parti de gouvernement, correspondrait à peu près en France à un rad’ soc’ droitier. Renouant avec la tradition des jeux de partis et des retournements de majorité, Fini a lancé un nouveau groupe, fort d’une trentaine de députés, qui pouvait mettre en danger le gouvernement en conjuguant ses voix avec les gauches (Parti démocratique, ex-communiste en majorité).

’ores et déjà, la presse additionnait les mésaventures saisonnières, comme des manifestations étudiantes, la ruine d’un monument à Pompei, ou les critiques de l’ambassade américaine, et annonçait avec délectation la chute du gouvernement Berlusconi.

La presse malveillante s’est trompée une fois encore. Fini et l’opposition de gauche ont perdu leur pari.
La défiance a été rejetée par 314 voix contre 311. L’étroitesse du vote sert de consolation à la gauche, mais la vérité est que les sondages restaient favorables aux droites en cas d’élections anticipées et que les dissidents y auraient alors sans doute perdu leur mandat. Il est possible que l’actuel gouvernement cherche à s’élargir vers les petits partis survivants de l’ancienne Démocratie chrétienne. Il me semble, en tout cas, que ces événements devraient être médités par la classe politique française…

Yves-Marie Bercé

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