Rouxel Jean - mercredi 12 octobre 2011
parti-socialiste
Disons-le tout net : le premier tour de la primaire socialiste est un succès. Mais pas pour les raisons généralement affichées dans les médias.
Un succès, car les socialistes ont occupé la scène médiatique pendant plusieurs semaines, sans que la droite parvienne à leur damer le pion.
Un succès, car il ne semble pas que les déchirements et les attaques, inévitables dans un processus électoral, soient irréversibles.
Un succès, enfin, car le candidat qui sortira des urnes sera considéré comme « légitime » par la majorité des sympathisants de gauche, bien au-delà des seuls militants socialistes.
Cependant, il faut noter plusieurs faiblesses, que la grosse presse a largement passées sous silence.
Tout d’abord, contrairement à ce qui est dit, un peu plus de deux millions de votants, c’est peut-être une réussite pour une première expérience, mais, dans l’absolu, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser : rappelons que Ségolène Royal avait réuni, au premier tour de 2007 (qui jouait le rôle politique d’une primaire ouverte à l’ensemble de la gauche, puisque la primaire du PS avait été restreinte aux militants encartés), plus de 9,5 millions d’électeurs.
Corollaire de cette faiblesse, seuls les militants les plus actifs se sont déplacés pour la primaire. Et rien n’indique qu’ils fassent le même choix que les autres électeurs de gauche.
La primaire a également montré que personne au PS n’était d’accord sur le programme.
Enfin, le processus des primaires aggrave la surenchère démagogique, rendant bien sujette à caution la notion de « gauche de gouvernement ».
Mais, surtout, personne n’a répondu à la question : pourquoi une primaire élargie à tous les sympathisants de gauche ?
D’un côté, aucun candidat de gauche ne va se désister en faveur de l’heureux élu. Et, de l’autre côté, le candidat du PS sera, au deuxième tour, le candidat de toute la gauche. Alors, à quoi rime l’exercice ?
Le problème vaut aussi pour la droite, où l’on commence à parler de primaires pour 2017.
Notre pays manque d’un mouvement de sursaut de la « France profonde », analogue à celui du Tea party aux États-Unis. Le développement de primaires à droite pourrait faire naître un tel mouvement. À condition que le système électoral rende les primaires indispensables (ce qui n’est pas le cas avec un scrutin à deux tours). S’il s’agit simplement de « faire » « démocratique », cela n’a aucun intérêt !
7 commentaires - Ecrire un commentaire
|