Rouxel Jean - mardi 17 avril 2007
terrorisme, islamisme, elections-presidentielles
Au Maghreb, le terrorisme islamiste est en plein essor. Le 11 avril, le Palais du gouvernement, au cœur d’Alger, et un commissariat de police sur la route de l’aéroport, furent la cible de trois voitures piégées conduites par des kamikazes : 33 morts, plus de 200 blessés. Depuis novembre, en Algérie, les actions terroristes sont en recrudescence.
En février, six attentats conjointement exécutés en Kabylie ont fait six morts. Le 5 mars, quatre coopérants russes ont été abattus. Le 6 avril, neufs militaires sont morts dans une embuscade à l’ouest d’Alger. Le spectre des années 90 ressurgit, mettant en échec la « Concorde nationale » du président Bouteflika, qui a fait sortir de prison des milliers d’activistes.
Le 14 avril, deux frères marocains se sont fait exploser dans le centre de Casablanca. Dans cette capitale économique, le 10 avril, trois terroristes poursuivis par la police avaient actionné leurs ceintures d’explosifs, un quatrième avait été abattu avant d’en faire autant. Les forces de l’ordre ont arrêté le chef du groupe responsable de l’explosion du 11 mars déclenchée par un kamikaze dans un cybercafé de Casa, et de celles du 10 avril dans la même ville.
La Tunisie aussi est touchée : les 23 décembre et 3 janvier, les forces de sécurité avaient accroché un groupe surentraîné et surarmé (fusils-mitrailleurs, lances roquettes RPG).
Tous ces réseaux maghrébins sont « franchisés » Al-Qaida. En Algérie, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) avait annoncé, en janvier, qu’il devenait « Al-Qaida pour le Maghreb islamique » (AQMI) : le terrorisme se fédère, pour plus d’efficacité. Présente dans presque tout le Moyen-Orient arabe, Al-Qaida est désormais implantée au Maghreb. Et dans l’Afrique sub-saharienne…
Ces attentats visent à éloigner les touristes, les entreprises et les capitaux étrangers, pour provoquer un effondrement économique fatal aux régimes en place.
Si la rive Sud de la Méditerranée tombait entre les mains des djihadistes, ce serait grave pour toute l’Europe. Les candidats à la présidentielle n’engagent pas ce débat - qui devrait être l’un des principaux de la campagne - pour ne pas heurter l’électorat français musulman, ni pousser les « jeunes » à l’émeute.
Évoquer le terrorisme islamiste, c’est faire son jeu, dira-t-on : il a besoin de publicité. Mais l’ignorer, à la veille d’élections majeures, est pire : cela ne prépare pas les Français aux décisions qui seront nécessaires, à un stade ultérieur des évènements…
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