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Le terrorisme islamiste relancé


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Rouxel Jean - mercredi 21 février 2007

islamisme, terrorisme
Impavides, les 29 inculpés au procès des attentats de Madrid du 11 mars 2004, qui firent 191 morts et 1 824 blessés – l’attaque islamiste la plus meurtrière en Europe – nient toute implication.

Six nationalités sont représentées : quinze Marocains, neuf Espagnols, deux Syriens, un Égyptien, un Algérien et un Libanais. Parmi les instigateurs présumés, le Marocain Hassan El-Haski, alias Abou Hamza, présenté par l’accusation comme l’ancien chef en Europe du Groupe islamique combattant marocain, affilié à Al-Qaïda. Le GICM, fondé par des anciens combattants marocains d’Afghanistan, serait l’auteur des attentats de mai 2003 à Casablanca (45 morts).

Les inculpés exploitent toutes les ressources du droit occidental. L’Égyptien Rabei Osman, considéré comme le cerveau, a déclaré : « Je ne reconnais aucune accusation ou charge. Je ne vais répondre à aucune question, y compris celles de mon avocat ».
La menace islamiste resurgit en Algérie : le 13 février, en Kabylie, ont explosé six voitures piégées. Responsable : le Groupement salafiste pour la prédication, devenu en septembre dernier « Al-Qaïda au Maghreb islamique », en s’alliant avec l’organisation de Ben Laden. Deux attentats aux camions piégés avaient eu lieu dans les banlieues d’Alger, le 29 octobre. Les véhicules piégés témoignent d’un changement de méthode du GSPC : il s’internationalise, recevant armes et combattants de l’étranger. Déjà, en 2003, l’armée algérienne avait abattu un terroriste yéménite près de Batna. Des prisonniers ont avoué avoir suivi des « stages » en Afghanistan et guerroyé en Irak. Le GSPC qualifie la France d’« ennemi n° 1 ». Six Français musulmans – certains convertis – membres présumés d’une filière de recrutement de djihadistes pour l’Irak, ont été mis en examen en France – et quatre d’entre eux écroués – dans le cadre d’une opération franco-belge ayant permis l’arrestation de vingt personnes soupçonnées de liens avec Al-Qaïda. Les recrues étaient envoyées dans des madrasas (écoles coraniques) égyptiennes apprendre l’arabe et les doctrines salafistes. Ensuite, elles étaient dirigées vers une cellule liée à Al-Qaida en Arabie Saoudite, puis vers l’Irak, via la Syrie, pour y commettre des actes de terrorisme, notamment des attentats suicides.
Le nouveau terrorisme islamiste articule des groupes armés locaux à un réseau transnational. Bien qu’opérationellement affaiblie, Al-Qaida est sa référence idéologique et symbolique, et le conflit irakien, son catalyseur.


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