de Beaufort Hubert - lundi 12 décembre 2011
etats-unis, allemagne
Face aux évènements et aux crises qui nous interpellent chaque jour, l’opinion décontenancée perd ses repères et sa confiance dans le politique : c’est le cas des deux tiers de nos compatriotes.
Pour nous, la raison en est claire : depuis trop longtemps, la démagogie a remplacé la démocratie. C’est l’explication première de l’envolée des dettes des Etats où l’on distribuait sans compter l’argent que l’on ne possédait pas, c’est l’explication des révolutions islamistes de la Méditerranée que l’on glorifiait comme démocratiques alors qu’elles étaient dues à une démographie explosive, source de disettes et de chômage.
La démagogie permet de rêver, de faire croire aux mirages, permet de gagner des élections, mais lorsque ces mirages se dissipent, la colère des peuples prend des formes violentes, incontrôlées, qui peuvent se terminer soit par des révolutions du type fasciste ou communiste, soit par des guerres qui parsèment notre histoire.
Concernant l’actualité, la Grèce a imité la Bovary de Flaubert en profitant de l’Euro pour dépenser sans compter, jusqu’au moment où le créancier présente sa note. Madame Bovary s’était donné la mort, la Grèce devra jeûner durant des années.
Ce qui semble plus préoccupant encore, c’est la suspicion que l’affaire grecque suscite vis à vis de l’Europe et de l’Euro. La confiance est indispensable pour que nos créanciers, avec leurs agences de notation, continuent d’accorder ces fameuses notes triple A qui garantissent ces taux de 2 à 3 % rendant les dettes soutenables.
L’Allemagne reste l’économie la plus crédible, l’Italie politiquement fragile subit un taux de plus de 7 % pour ses emprunts, la France est sous surveillance jusqu’en mars 2012. Notre analyse est claire. Pour nous le tocsin sonne et toute promesse démagogique est interdite alors que la campagne présidentielle risque de voir fleurir des promesses qui ne peuvent être que des leurres.
Une des conséquences de la démagogie, c’est la frustration qu’elle entraine lorsque les mirages se sont dissipés et que l’on s’aperçoit que l’on ne peut longtemps consommer davantage que ce que l’on produit. Répétons ces évidences encore une fois : la France a perdu 50% de son industrie en 25 ans et l’Etat dépense 6 points de PIB soit 120 milliards d’euro de plus de l’Allemagne.
Le tocsin sonne pour nous, car nous devons reconstruire notre économie. C’est l’obligation nationale prioritaire avec l’équilibre budgétaire. Si de telles priorités ne sont pas annoncées et entreprises, nous subirons un sort à la grecque.
Le tocsin sonne aussi sur le plan géopolitique avec les révolutions au Maghreb et au Moyen Orient : elles n’étaient pas démocratiques, tournent à l’islamisme avec une économie qui chute au lieu de croître. Préparons nous à nous défendre contre un tel état de fait.
Le déclin des Américains qui les fait quitter l’Irak et l’Afghanistan pousse Israël à menacer l’Iran de frappes sur ses installations nucléaires. On reste pantois devant une telle annonce et son inconscience : une telle action embraserait la région, fermerait le détroit d’Ormuz et l’approvisionnement pétrolier : là aussi le tocsin sonne.
Oui au droit à l’existence d’Israël, non aux actions inconsidérées qui embraseraient la planète.
Nous ne voulons pas annoncer l’apocalypse, mais les évènements sont suffisamment préoccupants pour que le droit à la vérité et à des mesures importantes soient demandé à nos concitoyens.
Le tocsin mobilisait nos anciens et leur courage. Retrouvons leur exemple.
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