Lévy Gabriel - dimanche 06 décembre 2009
« La défaite des élites » : c’est le titre que nous avions donné à l’une de nos chroniques (30 mai 2005) après le rejet par les Français du projet de Constitution européenne. Le récent déchaînement de ces « élites » –médias et politiques à l’unisson – après le résultat de la votation suisse montre qu’elles négligeront la voix du peuple.
Si le peuple ne vote pas bien, il faut l’obliger à voter de nouveau jusqu’à ce que le résultat soit conforme à celui souhaité par les « élites », comme dans le cas de l’Irlande, ou lui ôter définitivement le droit de se prononcer, en confiant à une majorité de rencontre le soin de voter un traité identique à celui qui vient d’être rejeté, comme dans le cas du traité de Lisbonne.
M. Cohn-Bendit, député européen, en parfait démocrate, estime qu’il faut revoter quand il n’est pas satisfait. En France nous sommes plus subtils : les parlementaires se chargent de corriger le tir.
Tout devient alors permis. Ainsi l’Union européenne peut-elle poursuivre et aggraver la gabegie consubstantielle à tous les organismes internationaux, avec un évident mépris de l’opinion de nos concitoyens, qui sont pourtant les payeurs.
L’association « Contribuables associés » vient de publier un hors-série de son mensuel Le Cri du Contribuable. Nous vous conseillons de l’acheter, en vous avertissant toutefois qu’il a les mêmes vertus que l’ipéca. Jugez-en sur les titres de quelques paragraphes, en gardant à l’esprit que la contribution nette de la France est de 7 milliards d’euros par an :
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564 millions d’euros pour la « préadhésion » de la Turquie, « visant à financer les réformes internes nécessaires à son adhésion proprement dite » ;
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2,4 milliards d’euros pour financer la communication de l’UE ;
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1,8 millions d’euros de communication pour obtenir le oui de l’Irlande ;
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pour la France uniquement, 171 millions d’euros pour « la présidence la plus chère de l’histoire européenne (1 million d’euros par jour) », des marchés ayant même été conclus hors de la procédure réglementaire …
Il faut aussi évoquer le train de vie de nos excellences :
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M. Barroso gagne plus que les chefs des plus grands états occidentaux ;
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avec la création du poste de « ministre des affaires étrangères », l’UE emploiera 7 000 fonctionnaires, le plus grand réseau diplomatique du monde ;
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des avantages de retraite tels que, pour 5 ans de cotisation, le fonds verse 1 394 d’euros mensuels de retraite ;
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une télévision (Europarl TV) à 40 millions, qui produit moins d’une heure par jour d’émission ;
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315 millions pour le bâtiment du conseil des ministres « ecolo-friendly ».
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Et puis, en vrac : des machines à café à 5 000 euros chacune, un complexe aquatique (piscine, spa, jacuzzi, hammam) de 9,3 millions pour les députés européens…
Très chère Union européenne !
Gabriel Lévy
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