Rouxel Jean - mercredi 15 novembre 2006
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Jean-Marie Le Pen rassemblera-t-il, d’ici le 16 mars 2007, date limite d’enregistrement par le Conseil constitutionnel, les 500 parrainages d’élus pour se présenter à l’élection présidentielle ? Cette question, posée à chaque présidentielle, fut toujours résolue (sauf en 1981). Cette fois-ci, c’est plus difficile, et ça provoque une controverse.
L’UMP est partagé. Hervé Novelli redoute que les électeurs du FN ne « fassent un pied de nez au système » et se « vengent » au détriment de Nicolas Sarkozy.
Le ministre de l’Intérieur a confié à ses proches : « Cela laisserait 15 à 20 % d’électeurs en jachère. Ce qui pourrait rendre le second tour injouable et me coûter l’élection, car Le Pen ferait voter contre moi. »
Patrick Devedjian pense, au contraire, que « Ce qui n’est pas bon pour la démocratie n’est pas forcément mauvais pour Sarkozy ».
Selon un sondage TNS-Sofres du 21 septembre, 30 % des électeurs du FN envisagent de voter, au premier tour, pour Sarkozy, si Le Pen est absent. Ces spéculations électorales font fi du déni de démocratie que constituerait l’absence d’un parti drainant un cinquième des électeurs.
D’autres s’en émeuvent, comme Dominique de Villepin : « Il est important que tous ceux qui expriment une opinion et qui trouvent un écho dans la vie de notre pays puissent se présenter ». Tartufferie ? Le Premier ministre, et Michèle Alliot-Marie, auraient l’intention de se lancer dans la course, si Le Pen n’y est pas : on ne pourrait pas les accuser de provoquer, par la dispersion des voix de droite, un « 21 avril à l’envers ».
En privé, Le Pen confiait récemment : « De nombreux maires me disent : je ne peux pas vous donner ma signature, en raison des pressions qui s’exercent sur moi, mais je voterai pour vous ». La signature des élus est influencée par l’administration préfectorale, le Conseil général, les partis politiques…
La nomenklatura, traumatisée par le 21 avril 2002, appréhende de revoir au second tour un Le Pen catapulté par le déferlement de violences dans les banlieues.
Le Conseil constitutionnel n’affichera plus la liste complète des parrains. Il publiera au Journal officiel, consultable par Internet, seulement 500 noms, tirés au sort, par candidat. Les parrains du FN n’ayant jamais dépassé de beaucoup ce nombre, ils seront quasiment tous dans le domaine public.
Mais il se pourrait que le président de l’UMP finisse par lever les consignes de ne pas signer en sa faveur, données aux maires proches de la majorité.
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