Rouxel Jean - mardi 07 février 2012
le-pen, 2012
Marine Le Pen a, pour le moment, plutôt bien « géré » sa première campagne présidentielle, dans un contexte politique difficile pour elle.
Tout d’abord, parce l’élection présidentielle pousse à la bipolarisation et à l’élimination des candidats « alternatifs » (à l’exception du fameux « troisième homme » qui se voit, au contraire, sur-représenté médiatiquement).
Ensuite, parce que le contexte de crise économique mondiale est défavorable à ceux qui proposent un changement important. Avec Hollande et Sarkozy, se disent les Français, au moins, nous avons du connu et du sérieux (que le « connu » ait été, souvent, assez peu « sérieux » pour que nous supportions actuellement une dette publique abyssale, malgré des impôts colossaux, importe peu à l’affaire !…).
Dans ce registre, il est vrai que l’inexpérience de François Hollande gomme partiellement la différence et joue en faveur de la candidate du FN.
Enfin, il faut noter aussi une double difficulté spécifique au Front national. D’une part, ce parti est diabolisé dans des proportions absurdes. D’autre part, il n’a guère d’élus locaux. Ce qui le handicape en matière d’expérience de la gestion publique. Et, surtout, en matière de collecte des parrainages.
C’est la principale faiblesse de Marine Le Pen. Son père a failli ne pas pouvoir participer à l’élection de 2007 pour ce motif (il avait finalement recueilli 507 parrainages). Et la situation est pire pour sa fille. D’abord, parce que certains cadres bien implantés ont quitté le FN depuis (notamment Carl Lang qui avait, dit-on, un véritable savoir-faire en matière de quête de signatures). Ensuite, parce que le nombre d’élus locaux du FN a baissé. Enfin, parce que les maires de petites communes rurales, qui donnaient le plus facilement leur signature, ne veulent plus le faire, pour éviter les altercations avec tel concitoyen « anti-fasciste » ou pour éviter les conséquences (réelles ou supposées) pour les subventions publiques…
Je ne pense donc pas, comme beaucoup de journalistes, que Marine Le Pen bluffe pour se « poser en victime ».
Un récent sondage a même déjà envisagé son absence (qui profiterait alors essentiellement à Nicolas Sarkozy, qui monterait de 8 points au premier tour).
Mais ce qui est difficilement prévisible, c’est la réaction de ses électeurs potentiels. Même si l’argument du débat public loyal n’a aucun poids sur la caste politico-médiatique, celle-ci devrait y réfléchir à deux fois avant d’empêcher Marine Le Pen de concourir…
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