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Les Bleus doivent-ils être noirs ?


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Lance Pierre - samedi 11 septembre 2004


L'un des tabous les plus férocement imposés par le terrorisme intellectuel de notre époque est celui qui concerne la couleur des gens. La couleur de leur peau, s'entend.
Quiconque se permet d'évoquer cette réalité naturelle est immédiatement soupçonné des plus sombres desseins. Il n'en reste pas moins qu'il y a sur cette planète des Blancs, des Jaunes, des Noirs et des basanés de diverses nuances et que cela ne risque pas de changer la semaine prochaine.
Selon les lois de la démocratie, qui s'étend heureusement de plus en plus sur la Terre, tous ces humains sont déclarés égaux en droits, et nul ne s'en réjouit plus que moi-même. Car cette égalité de droits, la seule que les hommes puissent se garantir mutuellement - non sans de nombreuses et lourdes imperfections - demeure l'unique et fragile rempart que l'on puisse dresser devant la masse des inégalités de toutes sortes, qui aurait tôt fait de rétablir partout la loi de la jungle si la civilisation ne s'efforçait d'en tempérer les effets.
Encore faut-il ne pas oublier de distinguer les droits de l'Homme de ceux du Citoyen, qui ne sont pas les mêmes. (Et c'est tout le génie des révolutionnaires de 1789 d'avoir pris soin de mentionner les deux termes). Car ces droits peuvent coïncider, mais ne coïncident pas toujours, comme voudraient le faire croire les collectivistes et autres mondialistes. Si les droits de l'Homme sont universels (droit à la vie, à la liberté, au respect de sa dignité), les droits du Citoyen, quant à eux, s'inscrivent dans les limites d'une nation, dans son Histoire, son économie et ses institutions. En outre, le Citoyen n'est pas un être humain indifférencié : il est aux yeux du monde entier le représentant de la Patrie dont il est membre.
Ce qui fait la noblesse des Jeux Olympiques, c'est que chaque équipe y vient représenter le peuple dont elle émane, avec une fierté patriotique si éclatante que même les esprits les plus déstructurés ne peuvent la contester. Et c'est ce même patriotisme concurrentiel qui se manifeste dans les Coupes de football. Or, depuis quelque temps, la proportion d'athlètes de race noire dans l'équipe de France dépasse largement leur proportion dans la communauté nationale. Et cela pose des problèmes d'ordre psychologique qu'on ne peut ignorer, bien que personne n'ose en parler.
Qu'on m'entende bien : il n'est pas ici question de racisme. Il est seulement question d'identité et de représentativité, lesquelles ont une influence directe sur le rapport affinitaire et affectif qui doit s'établir entre une équipe nationale et le peuple qui la soutient et veut se reconnaître en elle.
Si l'équipe de France compte un ou deux joueurs «de couleur», je ne crois pas que cela pose problème. Mais si elle en compte six ou sept, ce n'est plus du tout la même chose. J'ignore si ce défaut de représentativité a pu avoir une incidence dans les médiocres résultats obtenus par les Bleus lors de la dernière Coupe d'Europe, mais je ne puis m'empêcher de constater, en examinant deux équipes assez performantes, que les Tchèques étaient tous des Tchèques et que les Grecs étaient tous des Grecs (d'origine, s'entend). Imaginons un instant que l'équipe de France soit un jour uniquement composée de Noirs (ce qui serait très possible sur le seul plan sportif) : personne ne pourrait espérer que les descendants des Gaulois puissent se considérer un seul instant comme «représentés» par elle. Et cette équipe ne pourrait donc pas bénéficier du soutien moral national indispensable à l'obtention de la victoire. Car la vie est chose très mystérieuse : l'esprit est partout et le muscle seul ne suffit à rien. Les entraîneurs de toutes les disciplines connaissent désormais l'importance du climat psychologique qui entoure les champions.
Quelles sont donc les causes de la sur-représentativité des personnes d'origine africaine dans certaines disciplines sportives, que ce soit en France ou aux États-Unis ?
La première semble évidente : c'est la supériorité naturelle des Africains en matière de course, découlant sans doute d'un atavisme multimillénaire de « coureur de brousse ». La seconde tient au fait que ces personnes sont très souvent issues de milieux économiquement et culturellement défavorisés, de sorte que le sport représente pour elles la voie privilégiée d'une rapide ascension sociale. À quoi il faut ajouter que les anciennes puissances coloniales comme la France n'hésitent pas à « débaucher » les champions potentiels des nations africaines, grâce à l'appât du gain et à l'attrait d'un entraînement de haute technicité. Et ceci est à la fois une malhonnêteté et une erreur monumentale, eu égard aux considérations que je viens d'exposer.

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