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Les États-Unis prêts à bombarder l’Iran


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Artur du Plessis Laurent - mercredi 05 septembre 2007

iran, etats-unis, irak
Nicolas Sarkozy jeta un pavé dans la mare, à la Conférence annuelle des ambassadeurs, le 27 août : « Cette démarche [le renforcement des sanctions contre l’Iran en cas de poursuite de son programme nucléaire] est la seule qui puisse nous permettre d’échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran. »

Le Président a précisé : « […] un Iran doté de l’arme nucléaire est pour moi inacceptable et je pèse mes mots. » Donc, si l’Iran ne renonce pas à enrichir l’uranium, un bombardement américain détruisant son industrie nucléaire sera la seule solution. L’ayant cautionnée, Sarkozy ne pourrait qu’y impliquer l’armée française.

Sur ce thème, il a tourné le dos à Jacques Chirac, dont l’interview du 29 janvier au « Nouvel Observateur », à « l’International Herald Tribune » et au « New York Times », avait fait scandale : « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? s’interrogeait l’ancien président. Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. » Chirac estimait que la dissuasion nucléaire empêcherait l’Iran de se servir de son arsenal nucléaire. C’était faire bon marché du fanatisme religieux du régime des mollahs… Résolu à aider militairement les États-Unis dans la région, Sarkozy a parlé « d’accentuer nos efforts en Afghanistan ». Plus question d’en retirer nos troupes.

Sarkozy semble s’être concerté avec George W. Bush, qui, le 28 août, à Reno (Nevada), devant des anciens combattants, a haussé le ton contre l’Iran. Malgré les renforts en hommes de l’opération Surge et la nouvelle stratégie de séduction des populations mise en œuvre par le général Petraeus qui commande les forces américaines en Irak, le président américain a abandonné la vision optimiste d’une démocratie irakienne faisant tache d’huile. Un retrait des troupes américaines conduirait, dit-il, l’Iran – « premier État du monde en matière de soutien au terrorisme » – à conclure que les États-Unis sont « faibles » et qu’ils « ne pourraient pas les empêcher [les extrémistes] de se procurer des armes nucléaires [qui feraient] planer la menace d’un holocauste ». Il a promis de faire « face à ce danger avant qu’il ne soit trop tard. »

En Irak – avec l’appui de Riyad, soucieuse de ne pas voir l’Iran dominer la région – Washington pactise avec certaines tribus sunnites non liées à Al-Qaïda. Et se montre critique vis-à-vis du Premier ministre chiite Al Maliki, soupçonné d’être vassal de Téhéran, bien que son coreligionnaire, l’imam radical Moqtada al-Sadr, vienne d’ordonner à sa milice du Mahdi d’arrêter pendant six mois ses attaques contre les Américains.

Washington va mettre dans sa liste des organisations terroristes le corps d’élite des Gardiens de la Révolution – les Pasdarans – qui compte plus de 100 000 hommes. Ce corps finance, équipe et entraîne des milices chiites irakiennes combattant l’armée américaine. Il soutient le Hamas et le Jihad islamique contre Israël. Il contrôle presque toute l’économie, et les programmes nucléaire et balistique, iraniens. Il fait partie de l’État iranien. C’est donc ce dernier qui est classé terroriste par Washington : peut-être un autre signe avant-coureur de bombardement…

Un moment éclipsé par la secrétaire d’État Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates, le vice-président Dick Cheney, partisan d’un bombardement de l’Iran, a de nouveau l’oreille du président. Celui-ci veut détruire l’industrie nucléaire iranienne avant de quitter, en janvier 2009, la Maison-Blanche : son successeur – démocrate ou républicain – n’aura pas, dit-il, « le cran » pour faire ça. Bush et Cheney pensent qu’un bombardement, non seulement des installations nucléaires mais aussi des centres nerveux des Gardiens de la Révolution, entraînera la chute des mollahs, la démocratisation de l’Iran et la fin de ses menées séditieuses – et de celles de la Syrie – dans la région.

La diplomatie échoue. Le 22 août, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conclu avec l’Iran un accord lui donnant du temps pour répondre aux questions en suspens sur son programme nucléaire. Cela pourrait reporter à décembre – au lieu de ce mois-ci – le vote à l’ONU de nouvelles sanctions financières contre l’Iran, qui répugnent à la Russie et à la Chine.
Le dispositif militaire américain est prêt. Deux porte-avions – c’est-à-dire deux groupes aéronavals – croisent dans le Golfe arabo-persique, et deux autres dans des zones d’où ils pourraient bombarder l’Iran. Selon certaines sources, le bombardement devrait se produire dans les six mois.

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