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Les États européens face aux marchés


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Courrier - mercredi 18 janvier 2012

dette
Les marchés financiers nous font… marcher – et même courir. D’après l’autorité des marchés financiers, nous, Français, sommes nuls en économie. La preuve, nous sommes un sur quatre à ne pas savoir ce qu’est un dividende et trois sur quatre à ignorer ce qu’est une obligation.
Forte de ce constat, l’AMF pense que les Français se méfient des marchés financiers.

En tout cas, les marchés financiers semblent atteints de la dingue. Lorsque le 1er novembre, M. Papandréou annonce un référendum pour connaître l’avis des Grecs sur les mesures financières prises pour éponger leurs dettes, les marchés financiers jouent les épouvantés et les bourses plongent. Trois jours plus tard, à Cannes, les marchés financiers, par l’intermédiaire de leurs porte-parole politiques, obtiennent son départ.

Mais les marchés ne sont pas satisfaits pour autant. C’est l’Italie qui, tout à coup, les fait vaciller à nouveau, avec une dette de 1900 milliards d’euros. Il faut de toute urgence les rassurer en poussant Berlusconi vers la sortie. Quel mal ronge les marchés financiers, Docteur Folamour ? Paranoïa aiguë ? Délire de persécution ? Sadisme exacerbé ?

À chaque crise, les marchés ob­tiennent la peau de ceux qui les mettent en danger, par l’intermédiaire de leurs hommes de main. Il faut citer l’Irlandais Gouven, le Portugais Socrates, le Slovaque Radicova… Et, souvent, curieusement, les sortants sont remplacés par des banquiers.
Les marchés financiers paraissent déboussolés, mais ils font la loi face aux États.

Qui se cache derrière eux ? Les banques, les sociétés d’assurances, les fonds rapaces. Ce sont eux les maîtres de la finance,
car les États sont obligés de s’adresser à eux pour couvrir leurs déficits.

En France, avant 1973, le Trésor public empruntait directement à la banque de France. Cette année-là, Pompidou (ancien banquier) interdit cette pratique, obligeant l’État à faire appel aux banques privées. Les autres États européens firent de même, ce qui engendra une situation grotesque interdisant aux États de se financer auprès de la Banque centrale européenne qui peut financer à faible taux les banques privées qui, elles, prêtent à un taux élevé.

Pourquoi les États sont-ils pieds et poings liés ? Parce que bon nombre de politiques ont fait des allers et retour dans le monde de la finance. Ces politiques prônent une meilleure gouvernance en détruisant les services publics, même ceux qui fonctionnent correctement, au profit du privé. Ils annoncent qu’ils vont s’attaquer aux paradis fiscaux qui ne se sont jamais aussi bien portés et moraliser les marchés en attribuant les fameux AAA. Les marchés financiers spéculent à mort sur les pays endettés car, plus un pays est endetté, plus ils empochent des revenus en fixant des taux de remboursement très élevés. Ils obligent les États à vendre leurs fleurons industriels.
Nous sommes nombreux à penser que l’Allemagne est en train de réaliser, grâce à l’euro, ce qu’elle n’a pas réussi à faire en 1940 : mettre toute l’Europe sous sa botte en manipulant les marchés financiers.

Nos politiques ne voient rien venir, ne semblent rien comprendre aux événements et ils continuent inlassablement de nous chanter un air bien connu : « Tout va très bien, Madame la Marquise ». Et personne ne rappelle à l’Allemagne qu’elle n’a pas encore payé la dette, fixée par traité, de la guerre de 40-45…

Nicolas Sarkozy ferait bien de calmer les ardeurs conquérantes de Mme Merkel.
Et, surtout, de prendre conscience du piège tendu par la gauche qui consiste à diaboliser le FN avec des arguments fallacieux.

Dans les équipes de sport, les joueurs ont des idées personnelles très différentes (athées, chrétiens, musulmans…). Malgré cela, ils s’entendent pour mener à bien, leur projet commun : gagner. En économie, c’est la même chose…

Jean Belmont

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En bref
Diversité
Pascal Hou­zelot, fondateur de PinkTV, a réuni un tour de table prestigieux pour une nouvelle chaîne gratuite de la TNT : TVous. Cette chaîne, dotée d’un budget de l’ordre de 30 millions d’euros, serait possédée à 50 % environ par Houzelot lui-même, à 16 % par Xavier Niel, fondateur de Free. Le reste du capital serait partagé par des entrepreneurs connus comme François-Henri Pi­nault, PDG de Pinault Prin­temps Redoute, Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, Jac­ques Veyrat, patron d’Eiffel Investment Group, ou Mat­thieu Pigasse, directeur gé­néral de la banque Lazard… Mais le plus important n’est pas dans ce prestigieux actionnariat. Il est dans l’objet de cette nouvelle télévision : visant une part d’audience de 1,5 %, TVous a pour objectif de promouvoir « la diversité » (les fondateurs estiment sans doute que la « diversité » est persécutée sur les chaînes actuellement existantes !).

Medias
TNT > La moitié des 326 millions d’euros prévus pour le déploiement de la TNT n’ont pas été utilisés et ont été réattribués au budget de l’État.

Twitter > Twitter revendique 100 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, diffusant 250 millions de messages par jour.

Prisma > Le groupe Prisma presse, n° 2 de la presse magazine en France, a racheté au groupe New Media Plus le site internet de vidéo à la demande MaTVpratique. com, revendiquant une communauté de 300 000 membres, consultant 8 500 vidéos.

Cinéma > Le cinéma français a connu une part de marché dans les salles obscures françaises de 41,6 % en 2011, un chiffre exceptionnellement élevé.




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