Rouxel Jean - mercredi 30 mai 2007
sarkozy, reformes
Tout nouveau président de la République bénéficie d’un état de grâce, qui peut durer quelques mois… Celui de Nicolas Sarkozy est particulièrement intense, comme l’atteste une récente enquête réalisée par OpinionWay pour « Le Figaro » et LCI. 87 % des sondés jugent son style « différent » de celui de ses prédécesseurs, et ça leur plaît beaucoup : 70 % estiment que « la manière dont Nicolas Sarkozy exerce sa fonction correspond bien » à leurs attentes. 69 % des électeurs de François Bayrou sont du même avis.
Pourtant, leur candidat n’a cessé de critiquer les façons de faire de Sarkozy. À celui-ci, les sondés attribuent toutes les qualités : 91 % d’entre eux le jugent « dynamique » ; 85 % le trouvent « moderne » ; 75 % le disent « décontracté », lui à qui l’on reprochait d’être trop nerveux.
Les sondés d’OpinionWay sont sensibles à ses attitudes simples, directes et familières. Ils ont apprécié sa visite d’un hôpital à Dunkerque, et son déjeuner à la cantine d’EADS, avec les salariés de l’entreprise. Ils sont émus de voir le président mettre les mains dans le pétrin, plutôt que de rester dans sa tour d’ivoire.
Si 52 % des sondés jugent, gentiment, son style un peu « tape-à-l’œil » - avec ses montres, par exemple - les vacances maltaises laissent indifférents 58 % d’entre eux, quand 10 % les approuvent carrément. Cela donne raison à David Martinon, porte-parole de l’Élysée : « Il considère que les Français n’attendent pas de lui qu’il dise qu’il mange des carottes râpées. Il aime ce qui est beau, ce qui est bon, et même s’il est beaucoup moins riche que ses prédécesseurs, il a envie de remettre la réussite à la mode. »
Si les sondés plébiscitent le style de Sarkozy, que pensent-ils de son programme politique ? 67 % approuvent sa volonté de « mener toutes les réformes en même temps ». Cette opinion est même partagée par 40 % des électeurs de Ségolène Royal. Cela, tout comme la participation massive, lors des deux tours de l’élection présidentielle, témoigne d’une soif de changement qui dépasse les clivages politiques.
Sarkozy sait que l’état de grâce ne durera pas. Et qu’il ne faut pas heurter l’opinion jusqu’au second tour des législatives, le 17 juin. Ensuite, il restera peu de temps pour faire voter les projets de loi par le Parlement réuni en session extraordinaire. En septembre, les syndicats de la fonction publique voudront reprendre la main. C’est à ce moment-là que Sarkozy aura le plus grand besoin du soutien de l’opinion publique.
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