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Les Français sont-ils prêts à faire la guerre à l’Iran ? |
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Sadot Philippe - jeudi 22 novembre 2007
iran
Dimanche 16 septembre, notre ministre des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner, déclarait sur une radio qu’un recours à la force contre l’Iran pouvait s’avérer nécessaire si cet État s’obstinait à poursuivre sa quête de l’arme nucléaire : si toutes les actions diplomatiques devaient échouer, on devrait se « préparer au pire », c’est-à-dire la guerre ! Mot ô combien tabou dans notre pays, et sur notre bon vieux continent…
Je ne tenterai pas de faire l’apologie « de cette manière de faire de la politique par d’autres moyens », mais je mettrai en relation les propos du ministre et les faits sur le terrain, et ensuite disserterai sur l’opinion française en cas de conflit.
À mes yeux, la République islamique demeure un des États les plus pernicieux de la planète pour notre culture occidentale et donc à surveiller de près à défaut de le mettre hors d’état de nuire. Je me réjouis donc des déclarations du locataire du Quai d’Orsay. Mais sur quoi reposent-elles ?
Seule, la France n’a hélas aucunement les moyens militaires d’intervenir. Alliée avec les États-Unis, cette mise en garde belliqueuse peut davantage apparaître sérieuse. Avec plusieurs porte-avions sur zone, des bases stationnées sur tous les territoires frontaliers de « l’État voyou », des repérages effectués par des Forces spéciales, les forces armées des USA sont aux aguets. La frappe aérienne d’Israël précédée d’une action de la Sayeret Larkal (unité spéciale) en Syrie pour détruire une usine d’armement et récupérer du matériel d’origine nord-coréenne relevant de l’activité nucléaire, est aussi une mise en garde à Téhéran.
Quant à la France, elle a, en août dernier, rapatrié ses six Mirages 2000 D et ses six Mirages F1 CR du Tadjikistan à Kandahar, en Afghanistan, sous commandement américain : une économie pour Paris, mais peut-être aussi un moyen de se rapprocher des frontières de l’Iran ; concernant notre Aéronavale, le Charles de Gaulle est en révision pour plus d’un an ; notre Armée de Terre est à flux tendu avec plus de 12 000 hommes en Opérations extérieures (OPEX). Si nous devions jouer un rôle dans une quelconque intervention militaire dans les prochains mois, il serait minime…
En revanche, le soutien diplomatique de l’Élysée serait pour Washington un atout certain, contrairement au refus de 2003 sur la question irakienne
Admettons que le conflit éclate et que le seul objectif des USA et d’Israël soit de détruire le potentiel nucléaire iranien et non d’envahir le pays avec l’appui direct ou non de Paris, quel serait le danger représenté par les Mollahs… ? Militairement, il est très faible (cf. n° 521 des « 4 Vérités Hebdo »), aucun des avions islamiques n’a la capacité d’effectuer un aller-retour Iran-Israël, et la supériorité occidentale est telle que toute contre-offensive est vouée à l’échec…
Par contre, il est fort probable que les Fous de Dieu utilisent des moyens détournés pour faire pression sur leurs agresseurs : attentats au Sud-Liban contre les forces françaises de la FINUL II avec leurs sbires du Hezbollah, attaques massives en Irak contre les Américains,… sans compter les attentats sur les territoires nationaux comme dans les années 1985-1986…
Comme toutes les opinions baignées depuis plus de soixante ans dans une paix qui leur semble éternelle, les Français ne craignent pas la guerre si elle ne les touche pas. Si ce ne sont que des « frappes chirurgicales » ou si une poignée de nos soldats y laisse la vie, cela ne nous empêchera pas de fêter Noël ou de bronzer sur la Costa Brava. Mais si les Mollahs exhibent des civils victimes de dommages collatéraux (ou mis en scène par Téhéran), une partie de l’opinion publique manipulée par quelques biens pensants et groupuscules de gauche pourrait faire pression sur le gouvernement pour se désengager.
Si des attentats de grande ampleur avec plusieurs morts dans nos villes devaient se produire, entraînant une riposte plus conséquente de Paris et donc un engrenage possible, je doute du soutien de nos compatriotes… Les 92 000 morts d’Indochine, tous engagés, ont fait pleurer peu de Français ; les Métropolitains ne se sont souciés des Événements d’Algérie qu’en 1956, quand Guy Mollet a envoyé les appelés dans les Aurès…
Or, l’attaque de deux Français en Algérie en septembre dernier et la mort de l’Adjudant Laurent Pica du 13e Bataillon de Chasseurs Alpin (BCA) en Afghanistan vendredi 21 septembre, revendiquées par Al-qaida, ne sont peut-être qu’un début de réponse à Bernard Kouchner…
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Municipales
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