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Les USA ne domineront pas tout le xxie siècle |
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Bourdu Jacques - mardi 12 décembre 2006
etats-unis
En ce début du xxie siècle, les États-Unis affirment leur domination mondiale dans les domaines politique, culturel et économique. Mais en sera-t-il de même dans quelques décennies ?
Si l’on se rapporte aux débuts des siècles précédents en 1800 et en 1900, on constate que la puissance dominante ne l’est pas restée très longtemps.
En 1800, la suprématie française est incontestable. Avec Bonaparte et le Consulat, la France a retrouvé l’ordre, après la tourmente révolutionnaire. Sa population est la plus élevée d’Europe. Elle conserve dans la civilisation européenne la place acquise au long du xviiie siècle. Sa langue est parlée partout en Europe. Et elle dispose, pour la première fois, de ses « frontières naturelles » : le Rhin et les Alpes. Elle possède tous les éléments pour asseoir sa prépondérance tout au long du siècle qui débute. Or, il n’en sera rien. Quinze ans plus tard, la volonté d’expansion hégémonique se termine à Waterloo.
Un siècle plus tard, en 1900, la puissance qui bénéficie d’un avenir radieux, c’est l’Allemagne. En 1870, l’empire allemand s’est constitué sur la défaite de la France. Depuis, sa montée en puissance a été remarquable. L’Allemagne est devenue la première puissance industrielle du monde. Sa recherche est à la pointe du progrès. Les savants et les universités d’outre-Rhin sont considérés comme les meilleurs du monde. La politique d’expansion hégémonique sera arrêtée net avec la Première Guerre mondiale. S’en sera fini de la puissance allemande. La tentative de domination mondiale se renouvellera avec force quelques décennies plus tard, causant, en 1945, la ruine de l’Allemagne.
En ce début du xxie siècle, les États-Unis ne pourront pas conserver longtemps leur prépondérance actuelle. Des puissances montantes, pleines d’avenir, apparaissent à l’horizon, notamment la Chine. Elle se développe à vive allure. Tous les experts pensent que, sauf accident de parcours, dans quelques dizaines d’années, elle deviendra la première puissance économique du monde. Et son prestige et son influence politique suivront la même courbe
La puissance des États-Unis et la vie du monde occidental devront, vraisemblablement, faire face à une montée de l’islamisme. Le terrorisme que nous connaissons risque de changer d’échelle si l’islamisme prend le contrôle du Pakistan, disposant d’armes nucléaires. Cet armement nucléaire, l’Iran le possédera vraisemblablement dans quelques années, accentuant les menaces sur l’ensemble de l’Occident. Le choc des civilisations pourra-t-il être évité ?
La brillante économie des États-Unis, entraînant toute l’économie internationale, est fragile et vulnérable. Elle est fondée sur un dollar, devenu à la fois la monnaie d’un pays et une véritable monnaie mondiale. Le financement de l’énorme dette américaine et la souscription des bons du Trésor des États-Unis sont assurés, en grande partie, par les énormes réserves de change dont disposent la Chine et le Japon.
Si demain, la Chine décidait de ne plus souscrire aux bons du Trésor américain et de placer ailleurs ses disponibilités financières, les répercussions sur l’économie des États-Unis et, par voie de conséquence, sur l’économie mondiale conduiraient à une crise de grande ampleur susceptible de modifier l’équilibre international.
Le prix du pétrole ne pourra que s’accroître, vu la demande mondiale en forte progression et la raréfaction à terme des ressources. Une telle situation va renforcer le poids et l’enrichissement des producteurs du Moyen-Orient. Avec un baril atteignant des sommets et un coût de production de quelques dollars, leurs moyens financiers vont s’accroître considérablement. Ils auront alors l’opportunité de prendre le contrôle de nombreuses entreprises. L’Europe et les États-Unis pourraient alors perdre en partie la maîtrise de leur économie.
Ainsi, de nombreux facteurs sont susceptibles d’intervenir, en remettant en cause la suprématie des États-Unis et, parallèlement, le rayonnement du monde occidental. Une redistribution des rôles à l’échelle internationale paraît inéluctable.
Le pire n’est jamais certain. Mais les incertitudes demeurent. Pour faire face aux menaces multiples auxquelles ils seront confrontés, les États-Unis et, plus généralement, le monde occidental, trouveront-ils les ressources et les moyens nécessaires pour assurer leur destin ? Telle est la question essentielle qui va se poser au cours des prochaines années.
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