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Les accords du 21 juillet ne résoudront rien


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Trémeau Bernard - mercredi 03 août 2011

euro
Après des heures et des heures de difficiles discussions, les 17 pays de la zone euro, Allemagne et France en tête, sont arrivés à un accord.
Ils ont décidé de conserver l’euro
, leur monnaie commune.

Les pays d’Europe, la Banque centrale européenne (la BCE), les banques privées européennes vont, en pratique, prêter ou donner de l’argent à la Grèce. La France devra par exemple emprunter 15 milliards d’euros pour honorer ses engagements, alors qu’elle n’a pas un sou vaillant en caisse…

En échange, la Grèce doit avoir un budget presque en équilibre en 2014. Elle devra donc diminuer ses dépenses, et augmenter ses impôts. Elle devra réduire de façon très importante le pouvoir d’achat des Grecs.

Le chômage ne peut qu’augmenter dans ce pays et des troubles sociaux très graves sont prévisibles.
D’autres pays de la zone euro, comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou la France, dépensent aussi bien plus qu’ils ne gagnent. Ils sont dans une situation comparable à celle de la Grèce. Ils devront aussi présenter des budgets pratiquement en équilibre dans les trois ans qui viennent. Il faudra donc qu’ils réduisent leurs dépenses et augmentent leurs impôts.

En supprimant les niches fiscales, le gouvernement français a, par exemple, décidé d’augmenter les impôts de tous ceux qui en profitent. Mais, en agissant ainsi, le gouvernement se prive d’une aide importante des Français. Par exemple dans la conservation de notre beau patrimoine.

Les banques du monde entier, qui disposent de sommes fabuleuses, bien supérieures aux sommes dont peuvent disposer tous les États européens réunis, prêtent de l’argent aux pays qui leur en demandent, à la Grèce comme à la France. Mais plus le risque d’être mal remboursé existe, plus les intérêts demandés par ces prêteurs sont élevés, ce qui est normal. (Un dicton populaire français dit qu’on ne prête qu’aux riches…)

Or, peu avant les accords du 21 juillet, les taux d’intérêts de­mandés à la France avaient plus que doublé en quelques jours. Puis, les accords de Bruxelles ont fait baisser ces taux d’intérêts pendant 3 jours. Mais, maintenant, ils grimpent à nouveau brutalement. Les financiers internationaux, les « spéculateurs », ont donc acquis la certitude en étudiant les textes signés que les accords du 21 juillet n’apportent pas de solution au problème de l’euro.

Ils pensent, en conséquence, que la zone euro va éclater et qu’un retour aux monnaies nationales va avoir lieu.
Et les spéculateurs ont malheureusement raison. Car le comportement économique des peuples allemand, français, italien ou grec est différent de ce que croient leurs dirigeants. Depuis qu’une inflation galopante a mis au pouvoir Hitler, les Allemands ont l’inflation en horreur. Et ils font collectivement l’effort de ne pas dépenser plus qu’ils ne gagnent. Par contre, les Français n’ont pas cette peur et certains partis politiques n’hésitent pas à proposer des réformes inflationnistes : on pourrait, par exemple, selon eux, travailler 35 heures payées comme 39, sans déclencher une inflation !

Depuis 1945, les Français ont ainsi eu collectivement un comportement plus inflationniste que les Allemands. Et les événements de mai 1968, suivis des accords de Grenelle, n’ont pas amélioré ce comportement, bien au contraire. Une dévaluation tous les trois ans rendait heureusement les entreprises françaises à nouveau compétitives.

Mais, depuis 1999 et la monnaie unique, la dévaluation est devenue impossible, tandis que les comportements des différents peuples ne se sont pas modifiés. Les entreprises françaises sont donc de moins en moins compétitives et le déficit de notre balance commerciale avec l’Allemagne s’aggrave chaque mois un peu plus.

Les accords du 21 juillet ont totalement ignoré cet aspect essentiel du problème posé par l’euro : l’obligatoire parité fixe liant toutes les anciennes monnaies à l’euro, donc entre elles. Tandis que les spéculateurs, de leur côté, ont parfaitement compris que l’euro ne pouvait plus durer et ils se sont remis à spéculer à nouveau contre la monnaie unique. Comme toujours, leurs interventions accélèrent la dé­gradation de notre économie. Et ils sont financièrement mille fois plus puissants que tous les pays européens réunis. Ils sont donc certains de gagner.
Le temps du retour aux monnaies nationales semble donc proche…

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En bref
Revenu
Le revenu net médian des foyers français s’élève désormais à 2 380 euros par mois (soit 100 euros de plus qu’il y a 10 ans). Les 10 % de foyers les plus pauvres disposent de moins de 1 100 euros par mois ; les 10 % de foyers les plus riches de plus de 4 950 euros…

Chiffres significatifs
Bac > En 1808, lorsque le baccalauréat a été créé, une trentaine de candidats seulement se sont présentés aux épreuves (dont 21 avec succès). Ils étaient 250 000 en 1970 et plus de 650 000 en 2011 !

Péréquation > Dans le budget 2011, les trois dotations de péréquation accordées aux communes (dotation de solidarité urbaine, dotation de solidarité rurale et dotation nationale de péréquation) se sont élevées, ensemble, à 170 millions d’euros, contre 127 millions en 2010.

Déficit > Le déficit commercial des États-Unis s’est élevé à 690 milliards de dollars en 2010 (contre 882 milliards en 2009).

Opex > Les opérations extérieures menées par l’armée française ont coûté en 2008 880 millions d’euros, soit 37 % de plus qu’en 2007 et 75 % de plus qu’en 2006.

Bâtiment > L’activité de l’artisanat du bâtiment a augmenté de 2,5 % au deuxième trimestre – la plus forte hausse depuis 4 ans.

Théâtres > En 2010, les théâtres parisiens ont vendu 3,3 millions de places payantes (en hausse de 3,4 %), pour un montant global de 105 millions d’euros (en hausse de 3,2 %).

Portugal > Les Por­tugaises ont la fécondité la plus faible de toute l’Union européenne : 1,3 enfant par femme.




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