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Les animaux domestiques méritent notre protection |
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Barrucand Pierre - mercredi 18 avril 2007
ecologie
Interrogés sur leur programme relatif à l’écologie, plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont donné des réponses très diverses et en partie complémentaires.
J.-M. Le Pen a notamment parlé de l’exigence du « respect des animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques ». Quoique l’on pense des autres propositions de Le Pen, cette prise de position est intéressante car elle confirme un courant de pensée important, mais resté trop longtemps négligé. En même temps, un ensemble d’associations « animalitaires » (beau néologisme forgé par J. P. Digard) faisait parvenir aux candidats trois propositions dignes d’examen.
L’intérêt bienveillant pour les animaux, déjà ancien, se manifeste de plus en plus. En témoigne le succès d’une chaîne télévisuelle comme « Animaux » ou d’émissions telles « Trente millions d’amis ». Rappelons aussi que lors d’une élection européenne, la liste Alessandri, liste de défense animale, obtint 1,03 % de suffrages et aurait dû, en cas d’application d’une proportionnelle intégrale obtenir un siège. Résultat intéressant car les listes défendant un objectif particulier et exclusif ne sont pas attractives.
Certes nos relations personnelles avec les animaux ne doivent pas relever de la législation, mais il faut quand même lui apporter des correctifs et faire quelques remarques à cet effet.
1) Rien ne sépare profondément animaux domestiques et sauvages. Comme nous le montrent les chevaux (dits mustangs) et les bovins « marrons » (redevenus sauvages), le comportement d’une meute de chiens abandonnés ou, à l’inverse, la facilité d’apprivoisement des bêtes les plus diverses. Aussi la loi qui n’interdit les actes de cruauté que contre les seuls animaux domestiques doit être étendue à tous. D’ailleurs tout animal élevé en captivité devrait être considéré comme domestique, légalement.
2) La « protection animale » est actuellement distribuée assez arbitrairement entre les ministères de l’Agriculture (choix contestable) et de l’Écologie, celui-ci pour les seuls sauvages. Ainsi, pour ceux-ci, la question est liée à celle, immense, de la biodiversité. Or, curieusement, on conserve une très vieille et obsolète notion, véritable fossile, la classification des animaux « nuisibles » et « utiles ». Ceci ne tient aucun compte de nos connaissances actuelles en éthologie. À vrai dire, il n’y a aucun « nuisible », même le ragondin a fait beaucoup moins de mal à nos rivières que… le génie rural poursuivant une politique de « rectification », ou que les théoriciens d’un élevage industriel, source majeure de pollution !
L’élevage d’animaux dits « sauvages », n’est autorisé qu’aux seuls détenteurs d’un certificat de capacité (pour l’espèce choisie) à qui on demande une étude approfondie du sujet pouvant aller jusqu’à la rédaction d’un petit mémoire. Or, le principe de cette exigence (parfois excessive) est sain car elle protège à la fois éleveurs et « élevés » de graves déboires. Il est donc indispensable que ceux qui élèvent des animaux de compagnie, chiens en particulier, soient tenus à la même obligation, dans l’intérêt de tous.
3) Le « système domesticatoire occidental » (Digard) se caractérise par une séparation très nette entre « animaux de compagnie », objet de tous nos soins et assurant a eux seuls la vie de la plupart des vétérinaires, et les « animaux de rente » destinés à l’abattoir, et pour l’essentiel, à la boucherie.
Ceux-ci sont souvent rudoyés, en tout cas traités sans affection, voire « comme des bêtes ». Néanmoins, les paysans conservaient vis-à-vis de leurs « bestiaux » des relations affectives complexes, comme nous le rappelle dans son œuvre Jocelyne Porcher, relations utiles à tous.
Or, depuis des décennies, le ministère de l’Agriculture, dirigé par des technocrates mus par des seuls buts de rentabilité immédiate, a poursuivi une politique de pseudo rationalisation assez inhumaine et parfois inepte : élevages « en batterie », « hors sol », « en claustration » ; alimentation purement mécanique…
Cette politique, pratiquement imposée par le jeu des subventions, entraîne d’ailleurs une perte de qualité de la viande. C’est ainsi que nous avons vu employer farines animales, hormones, antibiotiques. Il y a pire : le recours, souvent peu motivé, à des pratiques exterminatrices d’abattage systématique, parfois scandaleuses.
Tout cela pose, bien sûr, beaucoup de problèmes complexes, mais heurte la sensibilité de beaucoup de personnes. Une révision, à peine amorcée, de ces pratiques, s’impose.
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