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Les banques centrales et la crise financière


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Trémeau Bernard - mardi 23 septembre 2008

inflation, banque-centrale
95 % des commentateurs francophones de cette crise financière en rendent le « libéralisme » responsable et concluent donc qu’il faut renforcer les contrôles des États sur l’économie. Or, ce sont au contraire les interventions « anormales » de la Banque centrale américaine (la FED) qui sont responsables de la crise financière actuelle.

La FED a d’abord offert beaucoup trop de crédit pas cher pour acheter des logements
en abaissant ses taux courts bien trop bas et bien trop longtemps. Tout le monde a voulu acheter ou construire sa maison à crédit, et le prix des logements a rapidement grimpé. Les banques privées prêteuses ont pris au passage leur bénéfice et, surtout, comme elles hypothéquaient les maisons pour garantir leurs prêts, elles ont engrangé d’énormes bénéfices dans leurs bilans. Comme les banques américaines prêteuses gagnaient beaucoup d’argent, de nombreuses banques européennes ou japonaises ont acheté de leurs actions.

Puis, un beau jour, pour s’opposer à cette inflation sectorielle devenue insupportable (la bulle immobilière), la FED a décidé de rendre le crédit très coûteux, en augmentant ses taux courts, bien trop haut et bien trop longtemps.

De nombreux Américains ont cessé d’emprunter pour faire construire ou acheter un logement, tandis que de nombreux autres ne pouvaient plus rembourser leurs emprunts. Les banques prêteuses ont brutalement cessé d’avoir de nouveaux clients, tandis que leurs anciens clients ne pouvaient plus rembourser leurs crédits devenus trop cher. De nombreuses maisons ont alors été mises en vente : leurs prix se sont effondré, car les vendeurs étaient bien plus nombreux que les acheteurs. La garantie hypothécaire des prêts s’effondre en même temps. Le bilan des banques américaines prêteuses devient catastrophique. Le prix de leurs actions s’effondre, ruinant de nombreuses banques actionnaires, aux USA ou en Europe.

Enfin, devant cette catastrophe financière fabriquée, la FED change une troisième fois de politique. Elle abaisse d’abord à nouveau ses taux courts à un niveau bien trop bas. Ceci annonce une inflation américaine avant la fin de l’année. La banque centrale européenne (BCE) n’a, quant à elle, pas fait cette erreur.

Mais, comme il y avait urgence, la FED et la BCE ont inondé et continuent d’inonder de dollars ou d’euros les USA ou l’Europe.
Sans cette action, les faillites auraient été nombreuses. Mais cet argent est immédiatement inflationniste. Dans de nombreux pays développés, l’inflation est passée de 2 % à plus de 4 %. C’est normal et c’était prévisible.

Or, 2 % d’inflation en plus, c’est immédiatement, pour les consommateurs dont la retraite ou le salaire n’ont pas été augmentés, 2 % de pouvoir d’achat en moins. Les banques prêteuses sont sauvées de la faillite, ce qui était nécessaire, mais le pouvoir d’achat de tous a baissé. Il était devenu trop élevé avec la bulle immobilière. Il diminue avec crise financière.

Secondairement, quand la crise financière se calmera, la FED et la BCE devront s’opposer à cette inflation qu’elles ont totalement fabriquée. Si elles ne le font pas, ce sera l’inflation associée à la stagnation, la « stagflation ». Elles vont donc être obligées d’augmenter leurs taux courts. Notre pouvoir d’achat progressera moins rapidement.

Oser affirmer que la crise actuelle est la conséquence du libéralisme est une effroyable contrevérité. Elle a en effet été totalement créée par les interventions « anormales » de la FED.

Depuis 1983, les principaux pays développés ont confié à leurs banques centrales le soin de s’opposer à l’inflation. Elles savent parfaitement le faire. Les responsables de la FED ont-ils agi par ignorance, ce que certains avancent ? Ou par désir de perturber les économies des pays concurrents, ce que d’autres pensent ? En attendant, ça va mal…

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En bref
Clandestins
 Sur les cinq premiers mois de 2008, 1 155 employeurs ont été interpellés pour avoir employé des immigrés clandestins, soit une hausse de 137 % par rapport à la même période en 2007…

Chiffres significatifs
Clandestins > Sur les cinq premiers mois de 2008, 1 155 employeurs ont été interpellés pour avoir employé des immigrés clandestins, soit une hausse de 137 % par rapport à la même période en 2007…

Prison > Au 1er janvier 2008, la France comptait 100,3 détenus pour 100 000 habitants, contre 94,9 en 2005 et 75,6 en 2001…

Recyclage > L’industrie du recyclage emploie directement 30 712 salariés en France, répartis dans 2 694 établissements.

Lycées pro > Le mois de mars dernier a été particulièrement marqué par l’absentéisme dans les lycées professionnels : 33,4 % des élèves ont manqué plus de deux jours complets (la moyenne se situe normalement autour de 10 %) !

Taux d’emploi > Le taux d’emploi de la France a augmenté de 63,8 % en 2006 à 64,6 % en 2007, demeurant nettement inférieur à la moyenne de l’Union européenne (66,9 %), qui reste pourtant loin des objectifs de Lisbonne (70 % en 2010)…

Logement > Le prix de vente des logements anciens en Ile-de-France accuse une baisse de 8,8 % au premier trimestre de 2008 par rapport à la même période de 2007.

Sécu > Le déficit de la branche vieillesse (5,6 Mde) dépasse pour la première fois celui de la branche maladie (4,1 Mde), cette année !

Travail > Le nombre d’heures travaillées par emploi en France était de 1 564 heures annuelles en 2006, loin de la moyenne de la zone euro (1 662 heures) et, plus loin encore des 1 912 heures annuelles des États-Unis.




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