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Les choses avancent en Irak et en Iran |
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Milliere Guy - mercredi 14 février 2007
irak, iran, terrorisme
N’en déplaise aux médias français et européens qui, lorsqu’il s’agit de l’Irak, n’aiment que les mauvaises nouvelles qui parlent d’attentats terroristes, les choses avancent rapidement, dans le bon sens. Quitte à provoquer le désespoir chez tous les Munichois, les anti-Américains et tous les membres du fan-club de Saddam Hussein, on peut même dire qu’un vent de panique souffle chez les terroristes et se fait sentir jusqu’à Téhéran.
Le tournant a été le discours de George Bush le 10 janvier dernier, au cours duquel il a prononcé des mots très précis et que nul, à al-Qaida ou chez les enturbannés n’a pris à la légère : « L’Iran fournit une assistance militaire pour attaquer les troupes américaines. Nous allons briser ceux qui s’en prennent à nos soldats. Nous interromprons les lignes de soutien qui viennent d’Iran et de Syrie. Et nous détruirons les réseaux qui fournissent des armes et un entraînement à nos ennemis en Irak ».
Le jour même où Bush parlait, l’armée américaine menait un raid à Irbil, en région kurde et s’emparait de six Iraniens. L’un d’eux était Hassan Abbassi, un proche d’Ahmadinejad. Les autres étaient des dirigeants du Sepah Quds, la branche « terrorisme extérieur » des Gardiens de la révolution. Ils se sont tous apparemment montrés très bavards.
Le raid du 10 janvier avait, en fait, été précédé par un autre raid, mené deux semaines auparavant contre la base d’un leader shiite aux liens très troubles, Abdul Aziz al-Hakim. Ce premier raid avait permis à l’armée américaine de s’emparer de documents riches en informations. Parmi les documents saisis, une offre de sauf-conduit vers l’Iran pour Moqtada al Sadr et les principaux dirigeants des Brigades du Mahdi. Plusieurs agents doubles infiltrés par l’Iran au sein du Parlement irakien ont été démasqués. L’un d’eux, Jamal Jafaar Mohammed, condamné à mort par contumace au Koweit, est en fuite. Les autres ont été arrêtés. Des mots d’ordre de repli général des groupes terroristes ont été interceptés, mais les plus fanatiques s’acharneront encore.
Les terroristes ont, en tous cas subi une défaite majeure fin janvier lorsque près de trois cent d’entre eux, assemblés pour tuer les dirigeants quiétistes shiites à Najaf, ont été tués par les forces américaines et irakiennes.
Tout de suite après le discours du 10 janvier, l’ayatollah Khameney a décidé de la mise en place, à Téhéran, de deux commissions. L’une examinera le « front intérieur » : la situation économique de l’Iran est catastrophique. On parle de projets de rationnement dans divers secteurs, dont les carburants. L’autre consacrée au « front extérieur » pour examiner les conséquences de la confrontation internationale entre l’Iran et le monde occidental sur le dossier nucléaire, provoquée par Ahmadinejad, et celles de la nouvelle politique américaine en Irak. Selon Kenneth Timmerman et Mike Ledeen, deux des spécialistes les mieux informés de ce dossier, l’atmosphère est à l’inquiétude et pas très éloignée de la panique. Comme l’écrit Timmerman : « les mesures coercitives et les menaces à l’égard de l’Iran produisent leurs effets. Cela avait été le cas en 1988 à la fin de la guerre Iran-Irak, puis à nouveau en 1996, quand l’Occident avait adopté une ligne dure vis-à-vis de la république islamique».
Comme l’écrit encore Timmerman, on parle désormais à Téhéran des États-Unis comme du « cobra en position d’attaque ». La guerre d’Irak est gagnée depuis longtemps. Il restait à gagner la paix. Le processus est en marche. Dans des articles publiés par la Mena et Israel Magazine, j’expliquais que l’année 2007 serait décisive, et que Bush ne quitterait pas la Maison Blanche sans avoir gagné la paix, et sans que des changements majeurs ne surviennent en Iran. Je ne change rien à mes analyses. Il peut y avoir, en dernier recours, frappes sur les installations nucléaires et l’appareil répressif du régime. Il peut y avoir un changement majeur dans le régime iranien. Une fuite en avant irrationnelle et désespérée du clan Ahmadinejad n’est pas impossible, quand bien même elle n’apparaît pas comme l’option la plus probable dans la situation présente : elle ne ferait que précipiter les frappes.
Les flottes américaine et britannique veillent sur le détroit d’Ormuz. La situation va vite se clarifier.
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