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Les conséquences du tumulte en Égypte


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Milliere Guy - mercredi 16 février 2011

obama, tunisie
Les analyses de la situation en Égypte données par les grands médias sont consternantes et reposent sur une méconnaissance de la réalité du monde musulman en général, et de l’Égypte en particulier.

Si, en Tunisie, bien que minces, les chances de passage à un fonctionnement démocratique ne sont pas inexistantes, en Égypte, ces chances sont aujourd’hui quasiment nulles.

Elles auraient pu exister si les réformes enclenchées sous la pression de George Bush, au cours de la décennie passée, s’étaient poursuivies. Elles auraient pu aussi exister si, dès le début des troubles et des émeutes, l’administration Oba­ma avait décidé d’accompagner le pays vers le changement tout en se portant garant de la stabilité, et si la discrétion et l’humilité avaient été choisies.
Au lieu de cela, Obama a adopté une attitude désastreuse qu’on peut attribuer ou bien à une profonde incompétence, ou bien, ce qui serait plutôt mon hypothèse, à une volonté de nuire.

En lâchant publiquement Hosni Moubarak et son régime, Oba­ma a non seulement humilié Moubarak, mais aussi le régime lui-même, et l’armée sur laquelle celui-ci repose. En soutenant les manifestants et les émeutiers, et en demandant explicitement des changements immédiats, Obama a mis des barils entiers d’huile sur le feu, accru considérablement les perturbations, et créé toutes les potentialités d’un chaos. En demandant avec insistance que les Frères musulmans participent au prochain gouvernement du pays et aux pourparlers, il a ouvert la porte à l’islam radical.

Les conséquences sont claires. Le régime fera tout pour se maintenir, moyennant quelques changements. Si, comme c’est probable, au vu du poids et de la présence prépondérante de l’armée dans la société, le régime se survit à lui-même, ses membres tireront leurs conclusions de ce qui vient de se passer, et considéreront qu’avec un ami tel que l’administration Obama, il n’est nul besoin d’avoir d’ennemi. Ils penseront avoir été trahis. Ils seront sur une ligne plus anti-américaine et plus anti-occidentale.

Si le régime se trouvait face à une situation de débordement, si des éléments islamistes infiltrés au sein de l’armée devaient faire basculer celle-ci, si s’ouvraient des perspectives d’élections rapides, on pourrait assister à une radicalisation du pays, voire à son glissement vers l’islamisme. Les deux candidats ayant des chances d’emporter la présidence dans ce cas de figure seraient, en effet, Amr Moussa, actuel président de la Ligue arabe, dont les positions sont identiques à celles de l’Organi­sation de la conférence islami­que, et qu’on peut décrire comme un nationaliste arabe anti-occidental, et Mohamed El Baradei, qu’on ne cesse de présenter comme « prix Nobel de la paix », ce qu’il est effectivement, hélas, mais dont on ne dit pas assez souvent qu’il est l’homme sur qui s’appuie la confrérie des Frères musulmans, seule organisation structurée dans tout le pays, et l’homme de confiance de l’Iran de Khamenei et Ahmadinejad.

Ceux qui rêvent de voir émerger une démocratie à l’occidentale en Égypte, en tout cas, se trompent lourdement. Au mieux, il y aura la continuité de la dictature, avec un infléchissement dé­favorable aux États-Unis, à Is­raël et à l’Occident tout entier. Au pire, une radicalisation ou une islamisation, dont on ne peut encore mesurer les effets secondaires.

Ceux qui voient encore en Obama un libérateur devraient discerner que celui-ci a créé les conditions d’un revers majeur pour le monde libre, mais aussi les conditions d’un véritable cataclysme.

La doctrine Obama consistant à rendre la planète plus sûre pour les dictateurs et pour l’islam politique, on pourrait dire que celle-ci avance, certes, et continue à produire les fruits empoisonnés qu’on pouvait en attendre.

Dans la presse américaine, ces derniers jours, à l’occasion du centenaire de la naissance de Ronald Reagan, des journalistes courtisans à Washington ont voulu comparer Obama à Reagan, comparaison grotesque s’il en est, puisque Reagan a gagné la guerre froide et qu’O­bama est en train d’accorder une victoire à l’islam radical.

La comparaison avec Carter, elle-même, risque d’être désobligeante pour Carter. Obama est dès à présent infiniment pire que Carter !

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En bref
localisation
Les autorités britanniques ont lancé un site internet permettant de situer sur une carte l’intégralité des in­formations statistiques liées à la criminalité (et donc de repérer les rues où les nombres de braquages, de viols ou de meurtres sont les plus importants). Dans l’heure qui a suivi la mise en ligne de ce site, 18 millions de personnes s’y sont connectées !

Chiffres significatifs
Ménagerie > En 2010, la ménagerie du Jardin des Plantes a battu des records d’affluence avec 720 000 visiteurs.

Chine > Le gouvernement chinois envisage de créer une mégalopole, absorbant notamment la ville de Shenzhen dans le sud-est du pays. Cette ville compterait 42 millions d’habitants et s’étendrait sur 41 000 km2 (soit autant que la superficie de la Suisse) !

RATP > La RATP a reçu récemment 130 nouvelles ra­mes pour le RER A, achetées pour un montant global de 2,5 milliards d’euros…

Arabe > On estime à quelque 5 millions le nombre d’arabophones résidant en France.

Champagne > En 2010, il s’est vendu dans le monde 319,5 millions de bouteilles de champagne, pour un chif­fre d’affaires un peu supérieur à 4 milliards d’euros. Ce qui fait de 2010 la 4e meilleure année de l’histoire pour les ventes de champagne.

Salle de bains > En 1946, seules 6 % des résidences principales françaises étaient dotées de salle de bains…

Ouvriers > Seuls 27 % des étudiants à l’université sont enfants d’ouvriers ou d’employés, contre 44 % des étudiants en BTS.




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