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Les crimes de l’Homme de Davos


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Audabram Pierre - mercredi 12 octobre 2011


Depuis au moins deux décennies, les observateurs les plus honnêtes sentaient venir le nouveau vent de l’histoire sans oser sonner l’alerte.
C’est désormais chose faite : « Valeurs actuelles », sous la plume de Xavier Raufer, franchit le Rubicon dans son n° 3900 avec l’article « L’après Ben Laden » dans lequel l’auteur souligne que, « dans la société de l’information, les sortilèges de l’idéologie et de la technologie déterminent un nouveau type humain aveugle au crime et à ses ravages ».

Jugez-en : Raufer nous apprend « qu’entre juin 2008 et mars 2009, un ménage américain moyen – peut-être plus de cent millions de personnes au total – a perdu en moyenne 100 000 dollars sur son portefeuille d’actions et 33 000 dollars sur son patrimoine immobilier ».
Le jugement de l’homme de la rue, surtout français, sera : « Ils ont joué, ils ont perdu ! », ne soupçonnant pas une seconde qu’il puisse s’agir du résultat d’une des formes les plus abouties du crime organisé.

Stupéfiant ! Mais à qui donc profite le crime ? Xavier Raufer cite Samuel Huntington, qui baptisa les acteurs et bénéficiaires de cette mondialisation débridée sous le vocable « d’Homme de Davos ».

Ce sont, nous précise-t-il, « quelques milliers de riches quinquagénaires, de sexe masculin pour la plupart, recrutés chez les patrons des principaux groupes financiers mondiaux. Ils sont chefs ou propriétaires d’entreprises, milliardaires, patrons de grands médias, innovateurs technologiques, banquiers et gourous de fonds d’investissement ; ou aussi chefs d’État, mi­litaires ou religieux, plus quel­ques écrivains ou artistes ».

Que cet « Homme de Davos » essaie de déterminer l’avenir de la planète, passe encore, quoi­que… Mais qu’il « couvre les pratiques d’une finance pousse-au-crime genre Wall Street dans la décennie 2000 » fait de lui un véritable criminel.

Xavier Raufer rappelle, à juste titre, que dans un État de droit – mais en existe-t-il encore un sur la planète ? – « toutes les écoles pénales considèrent l’incitation à commettre une infraction comme punissable au même titre que celle-ci ». Et de citer la remarque savoureuse de Global Research : « Dans quel cas un crime n’est-il pas considéré comme criminel ? Quand il est commis à Wall Street. »

Car nous avons affaire à la « morale de l’intention », toujours pure par nature, comme le sont les Hommes de Davos – ce qui « les exonère des fâcheuses conséquences de leurs actes ».

L’article nous rappelle que leur ultralibéralisme, véritable idéologie pondue par l’avant-garde des « libertariens », a tellement imprégné le milieu des affaires et le groupe des divers « think-tanks » états-uniens et européens, qu’une prestigieuse institution américaine comme la Freedom House publia une étude sur la Turquie dans laquelle on ne trouvait strictement rien sur la mafia turque, alors que le rôle majeur joué par celle-ci n’est ignoré par aucun observateur un peu sérieux.

L’Europe, bien entendu, n’est pas épargnée par ces idées issues d’un mondialisme débridé. Alors que leurs plus éminents représentants siègent à Davos, est-il utile de préciser qu’on ne peut rien attendre de la part de nos « grands partis européens », pour régler ce problème capital ?

Fort heureusement, se dessinent, chaque jour davantage, les traits de ce qui deviendra, à terme, une pensée politique et sociale qui aura pour tâche de sauver une Civilisation durement affectée. Ce courant s’appuie sur des îlots intellectuels encore dispersés, mais qui se rapprochent mutuellement à une vitesse grandissante.

Que dire de lui à ce stade ? Qu’il tournera obstinément le dos à l’analphabétisme économique qui gangrène nos facultés, qu’il saura maîtriser les conditions qui emportent l’adhésion des peuples et qui mènent à la victoire, et qu’il fera sienne la pa­role de Donoso Cortès : « Voici venu le temps des négations radicales et des affirmations souveraines »…

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