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Les dessous de la finance islamique


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Milliere Guy - jeudi 25 février 2010

islamistes, economie
Nous faisons face, depuis une trentaine d’années, à une offensive planétaire de ce que Daniel Pipes a appelé l’islam militant : celui-ci inclut l’islam radical, mais ne se limite pas à lui. Cette offensive doit être regardée en face.

L’un des vecteurs primordiaux de l’islam militant est l’Organi­sation de la Conférence Isla­mique qui a, entre au­tres, mis la main sur le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Elle a ainsi contribué à promulguer une déclaration islamique des droits qu’il faut lire jusqu’au bout pour discerner tout ce qu’elle recèle d’imposture, de perfidie et de double langage.

Ses cibles sont planétaires et incluent les États-Unis, mais l’Europe est pour elle, grâce aux bons offices d’idiots utiles divers pratiquant la soumission préventive, une zone à même de tomber assez rapidement. Son instrument de prédilection, ces derniers temps, n’est pas le foulard ou la burqa dont on parle tant, n’est pas non plus la construction de minarets, mais bien la finance islamique, souvent présentée dans la presse comme plus « éthique », voire plus efficace. Il me semble urgent et indispensable d’en parler, tant que c’est encore possible.

Tout d’abord, la finance islamique n’est pas une donnée inhérente à l’islam depuis des siècles, mais un phénomène récent. Elle n’est pas le fruit d’une volonté de respecter des principes établis depuis longtemps, mais celui d’une stratégie visant à « redonner conscience d’une appartenance commune » aux membres de la umma (communauté des croyants) et à « faire avancer l’islam bien au-delà de la umma ». C’est dit très explicitement par son principal théoricien, Sayyid Abulala Maududi, fondateur du Jamaat e-islami au Pakistan.

Ensuite, elle repose sur de simples subterfuges destinés à éviter le recours au prêt à intérêt au nom de la volonté d’éviter toute forme d’« usure » (riba). Et ces subterfuges la rendent plus rigide, plus rudimentaire que la finance telle qu’elle s’est développée dans le monde moderne. Prétendre s’appuyer sur elle constitue une immense régression intellectuelle et équivaut à rayer d’un trait de plume toute la connaissance accumulée par la pensée économique contemporaine pour lui substituer de misérables bricolages. Les sukuk, ainsi, sont des obligations dans le cadre desquelles une banque achète un bien et le revend aussitôt à un prix majoré, avec un échéancier de remboursement. Ce qui disparaît, c’est la flexibilité, les possibilités de restructuration et d’aménagement complexes des dettes et les opportunités offertes par les fluctuations des taux.

Enfin, d’autres éléments sont plus graves encore. Les investissements faits dans le cadre de la finance islamique doivent être conformes à la charia : certaines activités et façons de se livrer à ces activités sont illicites (haram). Sont concernés non seulement les jeux de hasard et l’alcool, mais aussi la liberté de parole et la liberté religieuse. Critiquer l’islam est inconcevable, dit la charia. Placer toutes les religions sur un pied d’égalité est inconcevable aussi.

Tous les investissements doivent être supervisés par un bureau de la charia : ce qui équivaut à réintroduire une surveillance des activités économiques par des religieux. L’idée qu’un prê­tre ou un rabbin puisse surveiller l’activité bancaire semble absurde. Ce qui semble absurde lorsqu’il s’agit d’un prêtre ou d’un rabbin devrait sembler plus absurde encore lorsqu’il s’agit d’un imam, si l’on considère un fait évident et avéré : si le monde juif et chrétien a vu l’essor de l’esprit d’entreprise au fil des siècles, ce n’est pas le cas pour le monde musulman qui, en termes de développement, reste l’une des régions les plus déficientes et les plus lacunaires de la planète.

La finance islamique, enfin, va de pair avec la zakat, la charité, ce qui ne poserait pas de problème si de nombreuses organisations caritatives musulmanes n’avaient pas une conception particulière de la « charité » et n’avaient pas été incriminées, dans plusieurs pays, pour contribution au financement du terrorisme…

Divers pays d’Europe ont besoin de capitaux et d’investissements. Vouloir attirer des capitaux en mettant le doigt dans les engrenages de la soumission à des valeurs et des modalités étrangères au capitalisme démocratique implique le risque de se trouver broyé entièrement par ces engrenages.

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En bref
Syndicats
«L’idée qu’il y aurait un pôle syndical réformiste et un pôle révolutionnaire n’est pas très pertinente.»
François Chérèque,
secrétaire national de la CFDT

SIC
Protectionnisme «La sou­veraineté nationale a encore un rôle à jouer, notamment à travers un protectionnisme raisonnable.»
Jacques Sapir, économiste

sectes «Il n’y a pas plus de contrôles aujourd’hui qu’hier de la présence sectaire dans le domaine de la formation professionnelle. L’État dispose d’à peine 100 contrôleurs pour veiller sur près de 50 000 organismes de formation.»
Jean-Pierre Brard, député PC

Démocratie «Le débat central, c’est celui sur la démocratie. Car, comme disait Jaurès, le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout.»
Ségolène Royal

État «Nous avons la chance d’avoir un État qui, s’il n’est pas très bien géré, ne l’est pas aussi mal qu’on le dit…»
Guy Sorman, essayiste

Afghanistan «La France n’a pas les moyens de s’engager en Afghanistan ; c’est déjà un objectif démesuré pour les États-Unis !»
Emmanuel Todd, essayiste

Minaret «Le problème de fond n’est pas plus le minaret en Suisse qu’il n’est la burqa en France : il est celui de l’immigration massive et de la mauvaise conscience des Européens qui les empêchent d’exiger des plus récents arrivés le respect de leurs lois, de leurs mœurs, de leurs coutumes, de leurs traditions et même de leurs goûts…»
Bruno Gollnisch, vice-pdt du FN

Réforme «Les réformes se tiennent : tout est dans tout et la méthode importe autant que le fond.»
Nicolas Sarkozy




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