Rouxel Jean - mardi 29 mars 2011
ump, 2012, le-pen, front-national
Le deuxième tour des cantonales n’est certes pas un succès pour l’UMP. Mais le plus grave tient sans doute à la cacophonie de l’entre-deux-tours. Entre ceux qui appelaient à faire barrage au Front national et ceux qui refusaient de choisir entre un candidat FN et un candidat PS, les électeurs ont eu quelques difficultés à comprendre le discours du parti majoritaire.
Ce qui est désormais clair, c’est que la question déterminante pour 2012 – non seulement pour les présidentielles, mais aussi et surtout pour les législatives – réside dans l’attitude à adopter vis-à-vis de l’électorat frontiste, qui avait massivement voté Sarkozy en 2007.
Deux hypothèses sont possibles. Soit le « ni, ni » est un préambule au rejet du diktat socialo-communiste, interdisant toute alliance entre le FN et la droite « parlementaire » (mais autorisant sans problème l’alliance du PS avec l’islamisme radical ou avec le communisme totalitaire). Nicolas Sarkozy a déjà prouvé qu’il était capable de rejeter le « politiquement correct », au moins en parole (et c’est déjà énorme, même si c’est insuffisant). Il pourrait fort bien choisir cette option.
L’autre option, c’est de revenir « à la niche » des poncifs de gauche.
Il faudrait alors récuser tous les pas que le gouvernement et la majorité de Nicolas Sarkozy ont faits dans la bonne direction. Que ce soit en matière fiscale, en matière migratoire, ou en matière d’identité nationale.
Parmi les tenants de cette deuxième voie, le porte-parole du gouvernement François Baroin a appelé à ne pas tenir le débat sur la laïcité pour ne pas « stigmatiser ».
Je trouve que ce débat est mal parti. Mais il me semblerait suicidaire pour la majorité de ne pas réfléchir publiquement sur la place de l’islam en France.
Pour le moment, Nicolas Sarkozy a un handicap par rapport à Marine Le Pen : les thématiques qu’il aborde ont été reprises au FN. Mais il a un avantage : il est au pouvoir et il peut adopter un certain nombre de mesures symboliques susceptibles de montrer à son électorat de 2007 qu’il n’a pas renié ses promesses. Qu’il envoie les forces de l’ordre pacifier quelques « quartiers sensibles », qu’il fasse évacuer les rues servant de mosquées annexes, qu’il consulte le peuple français sur l’immigration, et il retrouvera comme par enchantement ses électeurs.
Il sera certes vomi par les médias, mais cela ne changera pas grand-chose et, pour un politique, l’adhésion du peuple vaut mieux que celle des médias !…
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