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Les divisions à droite à l’approche de 2012


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Rouxel Jean - mardi 01 février 2011

sarkozy, 2012

Ces derniers jours, beaucoup de commentateurs évoquent – le plus souvent avec gourmandise – les dissensions internes à la droite.

On connaissait déjà la haine Sarkozy-Villepin, le désir de revanche de Borloo, les velléités « autonomistes » des centristes, le messianisme de Bayrou, les bisbilles Fillon-Copé ou Copé-Bertrand. Mais, jusqu’à présent, personne n’avait sérieusement envisagé que Nicolas Sarkozy ne soit pas, à nouveau, candidat en 2012 avec l’essentiel de la droite derrière lui.

Or, c’est bien de cela que parlent en filigrane les commentateurs en question.

Pour ma part, je n’y crois pas – dans l’état actuel de mes informations. Pour réussir le « coup » de Chirac en 1981, il faut un appareil politique d’une solidité à toute épreuve. Le RPR l’était. Il n’est pas certain que l’UMP le soit. Et il est, en tout cas, certain que les militants UMP n’opteront pas pour une dissidence face à Sarkozy.

Il reste que les germes de division sont nombreux et qu’ils risquent fort de gêner le candidat Sarkozy. Jusqu’ici, en effet, il a su jouer avec talent des rivalités entre ses principaux lieutenants, mais, lorsque le temps de la campagne sera venu, il faudra bien qu’il prenne position et qu’il choisisse.

Or, ces rivalités de personnes s’habillent naturellement en rivalités de programmes.

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, tente la tactique de Sarkozy avant 2007 : doubler la majorité dont il est membre sur sa droite. D’où ses ballons d’essai sur l’emploi à vie des fonctionnaires ou sur les 35 heures. Face à lui, Xavier Bertrand, et surtout François Fillon, jouent la carte de la « responsabilité ».

Il est à craindre que Nicolas Sarkozy joue, à son tour, la carte du « rassembleur », de « l’expérience », de la « responsabilité ». C’est-à-dire de l’homme qui permet à l’islam de s’installer « se­reinement » en France, de l’homme qui parle aux syndicats, du protecteur de l’État-Providence.

Ce choix serait suicidaire. Pour lui, sans doute. Mais, surtout, pour le pays.

Le bilan du mandat 2007-2012 est fort mince. Si Sarkozy se « chiraquise », il y a fort à parier que le bilan du mandat 2012-2017 soit pire encore.

Comme Pierre Baudouin, je suis persuadé que les élections se jouent sur des petites minorités actives. La seule chance que nous ayons, c’est que les droites libérale, nationale, morale s‘u­nissent et forcent la main de Sarkozy pour réformer courageusement. Et, pour le mo­ment, cela relève de l’utopie !


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