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Les droits de l’homme réduisent l’Occident à l’impuissance


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Rouxel Jean - mercredi 27 septembre 2006


Le Hezbollah est sorti victorieux des 34 jours d’affrontement avec l’armée israélienne. Ses quelque 10 000 combattants, dotés d’un bon armement léger - complété, il est vrai, de Katiouchas et de missiles portant jusqu’à à 150 km - ont tenu bon. Parce qu’ils étaient étroitement imbriqués dans la population libanaise : bombarder le Hezbollah, c’était bombarder les civils. Et s’attirer la réprobation internationale. Le droit-de-l’hommisme rend impossible l’anéantissement d’un groupe de combattants mêlés aux civils. En Irak, c’est la Coalition qui en fait l’amère expérience.

Au début du xxe siècle, la population urbaine mondiale ne représentait que 3 % de l’humanité. Aujourd’hui, plus de 3 milliards d’êtres humains vivent en ville. Aussi, hormis quelques exceptions, la guerre y a-t-elle élu domicile. C’est la conquête et le contrôle de celle-ci qui détermine la victoire finale. Les armements lourds des Occidentaux, conçus dans l’éventualité d’affrontements Est-Ouest dans les plaines d’Europe centrale, conviennent mal à la guérilla urbaine, quand les armes légères des rebelles y font merveille. Dans la Première Guerre mondiale, l’arrière et le front étaient séparés, le plus souvent. Paris festoyait quand le poilu mourait dans les tranchées. Ils se sont rapprochés dans la Seconde Guerre mondiale : les bombardements aériens des villes anglaises, allemandes, japonaises, et autres, firent des hécatombes de civils. La Troisième Guerre mondiale, commencée le 11 septembre 2001, parachève ce processus, mettant les civils en première ligne. En Occident, les terroristes islamistes les prennent pour cible dans les gares, les métros, les avions. En Irak, au Liban, les rebelles se cachent parmi eux pour guerroyer. Et échapper à la capture, délaissant alors leurs armes, et aussi leur tenue militaire, quand ils en ont une. Ils vivent en symbiose avec la population.

Anéantir ces combattants, c’est anéantir les civils qui les nourrissent, les logent et leur font écran. Cette fatalité réduit à l’impuissance l’Occident droit-de-l’hommiste. Ses puissantes armées ne parviennent pas à contrôler les villes irakiennes ou libanaises. Ses échecs contrastent avec la réussite des Russes en Tchétchénie : en 2000, ne s’encombrant pas de scrupules, ils ont rasé la capitale, Grozny, au moyen de l’artillerie lourde et de l’aviation, éliminant à la fois les combattants tchétchènes et les civils qui se trouvaient là. Ils firent de même dans d’autres agglomérations. Il n’y a plus de rébellion tchétchène…


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