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Les électeurs de droite face à leurs représentants


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Rouxel Jean - mardi 13 juillet 2010

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Dimanche 11 juillet, l’UMP Jean-Frédéric Poisson a été battu par la candidate écologiste lors d’une législative partielle à Rambouil­let. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une bonne nouvelle !

Même si le discours de Jean-Frédéric Poisson ne me semblait pas suffisamment « droitier », celui d’Anny Poursinoff contient à peu près tout ce que nous combattons dans ces colonnes.

Malheureusement, cette défaite ne me semble pas surprenante : Poisson est l’archétype de ce député authentiquement de droite qui, pour complaire au parti qui l’a fait élire, a mis de « l’eau dans son vin »… dans des proportions telles que le vin a pris le goût de l’eau !

Jean-Frédéric Poisson, représentant éminent de la tendance catholique au sein de l’UMP, s’était par exemple opposé à la libéralisation du travail dominical. Peu importe ici le bien-fondé de cette position. Ce qui compte, c’est que Poisson a finalement décidé de se ranger à l’avis du parti, favorable à cette libéralisation. Comment ses électeurs n’auraient-ils pas pris ce ralliement pour une trahison ?

Depuis des décennies, les électeurs de droite sont trahis par leurs représentants. Quand donc ces derniers comprendront-ils que, tôt ou tard, cela doit se payer au plan électoral ?

Pour bien nous faire comprendre qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle, le président du groupe radical de gauche à la région Ile-de-France a déclaré qu’il s’agissait d’une « condamnation de la politique liberticide et ultralibérale mise en œuvre par le gouvernement Fillon ». Je dis bien : liberticide et ultralibérale !

Cette élection montre aussi le poids des minorités convaincues dans une élection. Ce qui a fait défaut à Jean-Frédéric Poisson, c’est précisément les électeurs les plus proches de lui. Le système électoral actuel est certes un système de masse. Mais, au sein ou en dehors des « partis de gouvernement », un discours clair de personnes convaincues peut motiver ou démotiver quelques centaines d’électeurs et, ainsi, faire la différence.
Cet avertissement, qui ne changera évidemment pas l’équilibre à l’Assemblée nationale, pourrait donc être utile à la droite si celle-ci en déduisait qu’elle doit impérativement tenir ses engagements électoraux.

Dans l’état actuel du rapport de forces en France, la gauche ne peut pas gagner. En revanche, la droite peut parfaitement perdre
: il suffit pour cela qu’elle ne parvienne pas à convaincre ses électeurs qu’elle a fait ce qu’ils souhaitaient. Qui peut dire que ce danger n’existe pas ?

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