Trémeau Bernard - dimanche 12 février 2006
Le départ de Johnny ne modifie pas nos vies quotidiennes, mais le départ de Greenspan, le 31 janvier, risque de les modifier profondément. Il était le patron de la Réserve fédérale américaine (la FED). C’est de ses décisions que dépendait la croissance aux USA, donc la croissance française, puisque la France est incapable de gérer correctement sa politique économique et d’obtenir une croissance suffisante pour ne pas avoir de chômeurs. Greenspan, âgé de 79 ans, avait lu et relu les écrits de l’école de Chicago et, pendant 18 ans, il a appliqué les recettes monétaires et économiques prônées par Milton Friedman. Greenspan est arrivé à éradiquer l’inflation des USA et à obtenir une croissance suffisante pour faire disparaître le chômage. Les demandeurs d’emplois aux USA trouvent rapidement un nouveau métier. De plus, Greenspan est arrivé à faire comprendre aux hommes politiques américains que le créateur d’emplois n’est pas l’État, mais l’entreprise. Son successeur Ben Bernanke, âgé de 52 ans, hérite d’une situation très évolutive. En 2003, pour relancer l’économie américaine, Greenspan avait abaissé brutalement les taux courts à 1%. Avec un taux d’inflation de 2%, une banque gagne 1% en empruntant de l’argent au lieu de payer des intérêts… Une fois l’économie américaine repartie, Greenspan a augmenté, à partir de 2004, les taux courts de 0,25 % tous les trimestres, pour qu’ils retrouvent une valeur plus proche de celle du marché. Ils ont atteint 4,5% le 31 janvier 2006. Certains économistes les trouvent encore trop faibles et souhaiteraient les augmenter pour s’opposer à l’inflation qui menace. D’autres les trouvent trop élevés et voudraient les abaisser pour s’opposer à la récession qui menace. Ben Bernanke devra choisir la bonne solution. S’opposer à l’inflation en élevant encore les taux courts, ou s’opposer à la récession en les abaissant. De ses choix dépendra notre niveau de vie. En France, Marx et Keynes sont encore sur la table de chevet de nos responsables politiques ou syndicaux et ces derniers ne semblent pas connaître les écrits de l’école de Chicago. Nos responsables politiques actuels ont cependant compris que, pour embaucher, une entreprise doit pouvoir licencier quand les clients viennent à manquer. Ils remplacent le plus possible les contrats à durée indéterminée par des contrats à durée déterminée. Mais les syndicats marxistes veillent au grain. Par contre, nos hommes politiques continuent à vouloir contrôler totalement le fonctionnement des entreprises. Ils continuent à les imposer lourdement, et donnent en même temps toute une série d’aides ou de subventions à celles qu’ils veulent favoriser. Nos hommes politiques n’ont pas compris que la mondialisation de l’économie est une réalité technique incontournable. Cette réalité contraint toutes les entreprises à passer d’un marché national à un marché mondial. Maintenant, même des entreprises indiennes ou chinoises rachètent des entreprises européennes. La croissance du PIB, donc le plein emploi, est la conséquence normale de cette fantastique mutation. Nos dirigeants ne disent rien quand une entreprise française reprend une entreprise étrangère, mais interdisent le rachat de nombreux secteurs de l’économie française par des étrangers. Un tel comportement, « le nationalisme économique », éloigne de la France tous les investisseurs potentiels et la France se retrouve en autarcie économique, avec une croissance stoppée, donc des chômeurs. En pratique, seule une création monétaire non inflationniste permet d’augmenter le pouvoir d’achat de la population, donc de relancer l’économie. Nos responsables politiques doivent donc cesser d’avoir une politique économique inflationniste en augmentant les revenus de ceux qui ne produisent rien. Et ils doivent cesser de prendre aux entreprises les capitaux dont elles ont besoin pour baisser leurs prix, investir et innover. La France n’aura alors plus besoin de la relance américaine pour supprimer le chômage.
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Contrat de travail
"Derrière le CNE et le CPE, c’est la nature du contrat de travail qui est en cause. Le Code du travail doit accorder des droits au salarié pour faire contrepoids au pouvoir de l’employeur. Car, dans l’entreprise, salarié et employeur ne sont pas en situation d’égalité, comme deux citoyens dans le Code civil…" Jean-Claude Mailly, secrétaire confédéral de FO
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