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Les limites de la réforme par consensus


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Rouxel Jean - mercredi 04 juillet 2007

sarkozy, reforme
En économie, notre président de la République est plutôt keynésien et étatiste. C’est un adepte des mesures ciblées, et donc compliquées. En baissant un peu les impôts, il s’imagine que la confiance va revenir au galop, que la croissance de l’économie française – dans un contexte international très favorable – va repasser au-dessus de la barre des 3 % par an. Il ne s’est jamais engagé à réduire les dépenses publiques, mais peut-être à les augmenter moins vite que la croissance attendue.

Ses électeurs l’attendent au pied du mur du service minimum dans les transports publics. Ils auront une loi-cadre, reportant les responsabilités sur les entreprises publiques concernées.

Les observateurs avertis l’attendent plutôt sur le budget 2008 et spécialement sur les suppressions de postes de fonctionnaires. C’est sur ce terrain que les syndicats s’apprêtent à mobiliser leurs troupes et envisagent, dès septembre, les premières grèves générales et manifestations de rue depuis l’élection présidentielle du 6 mai.

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les avancées et les reculades de l’exécutif. Personne, par exemple, ne peut défendre le statut actuel des universités dont l’inefficacité contribue à faire reculer, chaque année, la compétitivité de la France. Le projet de loi promis par le candidat était donc une urgente nécessité. Mais le puissant lobby des enseignants ne voulait surtout pas entendre les mots de « sélection » et de « droits d’inscription ». Qu’à cela ne tienne, la loi sur l’autonomie des universités s’en passera, ce qui, évidemment, la prive de sens. Mais c’était la condition du consensus…

On devine que le gouvernement de François Fillon ira aussi loin que possible dans les réformes annoncées, à la condition expresse qu’elles ne tournent pas à l’affrontement avec les forces arc-boutées du statu quo. Ce qui lui laisse une faible marge de manœuvre.

Pendant ce temps, le débauchage des personnalités étiquetées à gauche continue. Attendez-vous à apprendre, avant la fin du mois de septembre, que le flamboyant Jack Lang est à son tour tombé dans les bras de Nicolas. L’objectif du Président n’est pas tant de soustraire un hiérarque socialiste de plus à l’affection des militants du PS, mais plutôt de crédibiliser encore et encore sa volonté d’ouverture afin que, le moment de l’affrontement inévitablement venu, les forces sociales qui lui seront hostiles bénéficient d’une base aussi réduite que possible dans l’opinion.

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