Lance Pierre - dimanche 05 février 2006
On a créé ces derniers temps des lois qui ne sont rien d’autre que des violations caractérisées de la liberté d’opinion et d’expression.
Or, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, solennellement confirmée par notre actuelle Constitution, stipule : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.» Et l’abus de cette liberté a été clairement défini par la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, qui le distingue sous deux aspects : la diffamation des personnes et la diffusion de fausses informations. Et dans les deux cas, le droit de réponse et le droit de rectification suffisent à la réparation des dommages moraux éventuels, tant auprès des intéressés qu’auprès du public.
Mais depuis 1990, les zélotes de l’idéologie dominante ont entrepris d’enserrer la liberté d’expression dans un carcan destiné à juguler leurs deux bêtes noires : le révisionnisme concernant l’holocauste et la libre critique religieuse au sujet de l’Islam.
Bien entendu, l’Islam n’est pas nommément désigné, mais les activistes musulmans sont les seuls à tenter d’utiliser ces lois. Fort heureusement, les auteurs ne se laissent pas intimider. Ainsi Michel Houellebecq ayant déclaré : «La religion la plus con, c’est quand même l’Islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré.» (un avis que je partage totalement), il fut attaqué en justice par des associations musulmanes et… par la Ligue des droits de l’homme (un comble !). Mais il fut relaxé, le tribunal ayant estimé que ses propos «s’apparentent à la critique des doctrines religieuses, qui est un droit.»
Quoique personnellement je juge prématuré de «réviser» les faits et les chiffres de la Shoah, tant que vivent encore des rescapés ou des enfants et petits-enfants des victimes de la démence nazie, je ne parviens pas à comprendre qu’on veuille faire taire ceux qui, à tort ou à raison, remettent en question le discours officiel, tant du moins qu’ils procèdent à l’étude sérieuse et objective des archives disponibles. S’ils ne diffament personne et s’ils ne diffusent pas sciemment des informations truquées, ils demeurent dans le cadre de la liberté d’expression qui est l’une des bases intangibles de la démocratie. S’ils commettent des erreurs ou des omissions, on a le droit de les critiquer et de les contredire, mais les bâillonner est un acte de despotisme insupportable.
Ces lois discriminatoires sont la trop fameuse loi Gayssot du 13 juillet 1990 et la loi Taubira du 21 février 2005. Le 12 décembre dernier, dix-neuf historiens ont publié une déclaration contre les «interventions politiques» qu’ils subissent dans l’exercice de leur profession et le 16 décembre, «Le Monde» publiait la même réclamation de la part de vingt-cinq intellectuels de gauche, dont Edgar Morin, Max Gallo et Paul Thibaud, revendiquant la «liberté de débattre».
Voici l’essentiel de ces lois liberticides : Gayssot, art. 9 : «Seront punis (…) ceux qui auront contesté l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité.» Question : Un Turc vivant en France est-il punissable s’il nie le génocide arménien? Taubira, art 1 : «La République française reconnaît que la traite négrière (…) et l’esclavage (…) constituent un crime contre l’humanité.» Question : N’était-ce pas déjà l’avis de la quasi-totalité des Français ?
L’esclavage fut aboli en 1794 par la Convention et rétabli huit ans plus tard par Napoléon. Question : La République française n’est-elle pas l’héritière de la Convention bien plus que celle du despote Napoléon? Évidemment oui. Cette loi est donc sans objet et ne vise qu’à culpabiliser le peuple français, qui n’a pourtant, dans sa globalité, jamais approuvé l’esclavage. En vérité, tout ce qui appartient à l’Histoire est contestable, sans aucune exception, qu’il s’agisse de la virginité de Jeanne d’Arc, de la persécution de Galilée, de la culpabilité de Louis XVI ou encore de l’invention du vaccin contre la rage par Louis Pasteur, qui fut un mensonge éhonté. (En effet, constatant que son vaccin ne valait rien, Pasteur utilisa celui du vétérinaire Toussaint en prétendant que c’était le sien.)
L’Histoire ne peut pas être une science exacte et chacun est libre de l’explorer à son gré dans toutes ses contradictions.
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