Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 21 décembre 2011
2012, livres, socialisme
Tous les livres de l’excellent politologue Philippe Nemo méritent une lecture attentive. Mais, à la veille d’une campagne électorale importante, je ne saurais trop conseiller la lecture de son dernier ouvrage : « La France aveuglée par le socialisme ».
Il va sans dire – mais cela va mieux en le disant – que ce socialisme aveuglant n’est pas professé au seul Parti socialiste.
Une des causes du déclin français, c’est que ce socialisme est devenu une sorte de super-dogme, professé par tous les « républicains » (ou, si vous préférez, par tous ceux qui professent des « valeurs citoyennes » : ça ne veut rien dire, mais ça veut dire à peu près la même chose !).
En d’autres termes, pour être admis sur l’agora, pour avoir place dans le débat public, il faut d’abord montrer son certificat de baptême socialiste.
Or, il va de soi que nul, mieux que les hiérarques du PS, ne peut donner ce type de certificat. Ce qui permet à la gauche et à l’extrême-gauche de décider qui est fréquentable…
Comme ni vous, amis lecteurs, ni moi, ne sommes mûrs pour obtenir le certificat de bonne conduite (et qu’en outre, nous ne sommes pas franchement désireux de le quémander !), il ne nous reste qu’à nous battre contre cette monumentale absurdité.
Mais, pour cela, il faut d’abord la comprendre. Et, ici, Philippe Nemo nous est d’une aide précieuse.
Il faut d’abord comprendre que le socialisme, comme les « valeurs républicaines », comme la « liberté » de 1793, sont des idoles auxquelles il faut rendre un culte, sous peine d’être considéré comme hérétique et traité comme tel. Or, un bon hérétique est un hérétique mort. Par conséquent, un anti-socialiste n’a aucun droit à participer au débat politique.
Ce débat ne doit opposer que des personnes adhérant aux « immortels principes » (ceux de la Révolution de 89, ceux de 1917, ou ceux que l’on appelle « de la Résistance », mais qui sont, en fait, de la révolution communiste de 1944-1946). Tous les autres sont chassés comme « réactionnaires », « vichystes », « fascistes », ou tout autre nom d’oiseau assez vague pour être efficace.
Il ne sert à rien de dire qu’il y avait des hommes de droite dans la Résistance. Il ne sert à rien de dire que Doriot ou Déat étaient assez peu maurrassiens. Cela ne rentre pas dans le cadre, que je n’ose pas dire « intellectuel » (car il n’est pas réfléchi), de la caste politico-médiatique.
C’est donc à une guerre de religion que nous sommes acculés.
Et à une guerre singulièrement inégale. C’est bien simple : nos adversaires disposent de tous les moyens de communication de masse, de tout l’appareil judiciaire (dont on sait bien que, dans ce contexte crypto-religieux, il est utilisé avec un arbitraire remarquable), du contrôle de la formation des enfants et, en un mot, de tout l’appareil d’État. Le plus rageant est qu’ils pilonnent ce à quoi nous tenons le plus avec les moyens que nous sommes obligés de leur donner par un impôt immoral et spoliateur.
Face à cela, que pouvons-nous faire ?
D’abord, résister et ne pas nous laisser impressionner.
Ensuite, transmettre à nos enfants.
Enfin, saper les fondements de la contre-Église socialiste.
Pour cela, l’urgence est d’en finir avec le monopole étatico-syndical de l’éducation.
Une large partie de l’ouvrage est consacrée à ce sujet, sur lequel Nemo a longuement travaillé.
Tout est à lire attentivement. Mais j’attire votre attention sur une idée que j’ai découverte en le lisant, et que je trouve particulièrement éclairante. Savez-vous pourquoi personne ne proteste devant la chute du niveau scolaire ?
Savez-vous pourquoi, alors que les solutions sont bien connues, personne ne cherche à les mettre en place ? Tout simplement, suggère Nemo, parce que l’école ne sert plus principalement à instruire, mais à garder les enfants (pour permettre à leurs parents de travailler et pour éviter que les élèves ne soient intégrés dans les statistiques du chômage). Dès lors, tout s’éclaire. Mais on comprend aussi que ce n’est pas avec cette école que nous pourrons sortir du déclin. Il est urgent de se donner les moyens d’instruire nos enfants en dehors des madrassas des « valeurs républicaines » !
400 pages
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