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Les médecins français sous pression


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Trémeau Bernard - mardi 09 septembre 2008


Les médecins français subissent actuellement diverses pressions auxquelles ils sont très sensibles.

Une pression financière pour commencer. La Sécurité sociale, pour essayer de faire des économies, freine en permanence la progression des revenus des médecins. Il est difficile de la critiquer…

Les honoraires des spécialistes ont par exemple été bloqués plusieurs années de suite. Avec une inflation à 2 % par an et une augmentation des charges, les revenus des spécialistes ont fortement régressé. Quand un médecin spécialiste (Bac+10) compare ses revenus à ceux d’un cadre moyen (bac+ 4), il a tendance à faire grise mine.

Une contrainte importante du fait du métier. Les soins à donner pour un infarctus du myocarde, un accident de voiture ou un accouchement ne surviennent pas uniquement pendant les 35 heures légales. Ils surviennent n’importe quand. Il faut donc dans chaque spécialité organiser un système de garde. Or, les villes où il n’y a que deux chirurgiens, ou deux accoucheurs existent. Ils sont donc obligés d’être de garde un jour sur deux…

Une contrainte administrative très lourde. La Sécurité sociale exige du médecin une paperasserie de plus en plus abondante. Un médecin généraliste passe bien plus de temps à remplir des certificats qu’à rédiger son ordonnance… Et, si le travail administratif est mal fait, il subit immédiatement des mises en demeure qui lui prennent encore un temps fou.

De leur côté, les médecins hospitaliers sont dans une situation nouvelle. Avant, ils étaient chefs dans leur service hospitalier et responsables. L’administration était à leur service. Maintenant, c’est l’inverse. C’est l’administration qui est responsable de tous les services hospitaliers et, comme toute administration, elle exige des médecins chefs de service un énorme travail administratif. De nombreux médecins refusent de devenir chefs de service uniquement pour cette raison.

Le poids de la réglementation étatique devient de plus en plus lourd. Avant, un accoucheur ou un chirurgien pouvait assurer une garde en restant à son domicile. Aujourd’hui, ils doivent assurer la garde en restant dans le service. On comprend parfaitement cette mesure sécuritaire. Elle supprime le temps de transport. Et dans certains cas, quelques minutes comptent très lourd.

Le lien avec le malade

– Le développement foudroyant de la technologie médicale fait, qu’aujourd’hui, le nombre des spécialités augmente à toute allure. Il y a 50 ans, un chirurgien opérait tout ce qui exigeait un bistouri. Aujourd’hui le neurochirurgien, l’orthopédiste, ou le chirurgien vasculaire ne savent plus faire les opérations ne concernant pas leur spécialité. Seules les grandes villes peuvent offrir des chirurgies spécialisées pouvant fonctionner 24 heures sur 24.

Cette hyperspécialisation transforme l’acte médical en un simple acte technique. Elle détruit la relation humaine liant le médecin avec son malade. Ce qui est grave.

– Il ne faut pas oublier le poids énorme que fait peser maintenant l’appareil judiciaire sur la médecine. La prise d’un médicament peut entraîner des troubles supérieurs à ceux qu’elle voulait supprimer, voire tuer. Même un comprimé d’aspirine peut tuer. On n’arrive pas à réduire la mortalité infantile ou maternelle à une naissance en dessous d’un certain niveau. Une anesthésie générale expose toujours à des troubles graves, voire tue.

Une faute médicale peut bien évidemment être à l’origine d’un tel échec. Mais le plus souvent les accidents surviennent sans que le médecin ait fait une faute.

– Pour finir, tout un courant de pensée écologiste affirme sans aucun état d’âme que la médecine tue bien plus qu’elle ne guérit.

Telles sont les principales contraintes qui pèsent aujourd’hui sur les médecins. Leur poids est tel que les jeunes Français ne désirent plus devenir médecin. On manque de médecins dans nos campagnes et l’on y attire des médecins roumains en leur offrant des avantages financiers. Quand dix chirurgiens partent à la retraite, trois seulement commencent des études de chirurgie. La moitié des services d’obstétrique français n’a plus de médecin-chef titulaire. Et l’on pourrait continuer ainsi à l’infini…

Il nous restera heureusement les plantes et les guérisseurs sur Internet !

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En bref
Faillites
Le nombre de défaillances d’entreprises jugées en mars a baissé de 11,3 % par rapport à février pour atteindre 3 646. Sur un an, ce nombre est au contraire en forte hausse : +8,7 %.

Chiffres significatifs
Divorce > L’âge moyen des enfants au moment du divorce de leurs parents est de 6 ans.

Intérim > L’intérim a progressé de 5,8 % en 2007 (contre 2,9 % en 2006 et 2,8 % en 2005) pour atteindre 637 900 équivalents temps pleins !

Blé > Les professionnels prévoient que la récolte de blé de 2008 sera une récolte record : 37 millions de tonnes, soit 20 % de plus qu’en 2007.

Cliniques > Le chiffre d’affaires des cliniques a augmenté de 7 % en 2006…

Pilule > 20,6% des jeunes filles de 15 ans déclarent utiliser la pilule ; elles sont même 14,2 % à utiliser la « pilule du lendemain » (qui n’empêche pas la fécondation, mais la nidation et est donc considérée comme un abortif et non un contraceptif) !

Médicament > Le marché français du médicament, avec un chiffre d’affaires de 25,5 milliards d’euros, est le troisième mondial, après celui des États-Unis et celui du Japon.

Prisons > Les prisons françaises comptent 50 160 places disponibles. Il est prévu d’en construire 13 200 nouvelles d’ici 2012. Problème : 90 270 personnes étaient incarcérées en 2007 !

Réserves > Les réserves de change de l’État s’élevaient à 101,4 milliards d’euros fin juillet, en hausse de plus de 3,1 milliards sur un mois !




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