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Les mesures gadget de Nicolas Sarkozy pour faire semblant de secourir l’industrie


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Courrier - lundi 08 mars 2010

chomage

Sommes-nous vraiment le dernier pays communiste en Europe ? On serait tenté de le croire, à entendre les propos tenus par le chef de l’Etat, le 5 mars, à Marignane. Nicolas Sarkozy y a fixé au gouvernement l’objectif d’une augmentation de la production industrielle de 25 % en volume d’ici 2015.

Par la magie de quel plan quinquennal ?

Pour expliquer le mauvais état de notre industrie – 600 000 emplois perdus en 10 ans, une balance commerciale déficitaire, une réduction à 15 % de sa part dans le PIB, une multiplication des délocalisations –, le président de la République a notamment mis en cause les 35 heures et le poids excessif des charges sociales françaises.

Puisqu’il est au pouvoir, on pouvait donc s’attendre à ce qu’il annonce la fin des 35 heures et un allègement desdites charges sociales.

Pas du tout ! Tout va s’arranger grâce au « grand emprunt » et à un certain nombre de mesures gadget, de celles dont il a le goût et le secret.

  • Par exemple, 500 millions d’euros de prêts bonifiés « verts » vont être versés aux entreprises qui investissent pour produire « propre ». Les autres se consoleront en pensant que le gouvernement fait du lobbying pour obtenir la mise en place d’une taxe carbone européenne : à défaut, la compétitivité des entreprises françaises sera un peu plus entamée.

  • Autre idée : l’Etat lâchera 300 millions d’euros pour financer la structuration des filières industrielles, nouvelle version des fameux pôles de compétitivité.

  • 200 millions seront consacrés à la mise en place d’une « prime à la relocalisation », ce qui devrait faire hurler de rire tous les industriels délocalisés.

  • Le ministère de l’industrie nommera des administrateurs supplémentaires au sein des entreprises publiques, pour mieux définir leur stratégie… et éviter les délocalisations à l’étranger des usines de groupes à capitaux publics comme Renault !

  • Un livret d’épargne industrie, dont l’idée est empruntée à la CGT, sera proposé aux épargnants d’ici septembre pour attirer les capitaux vers les entreprises françaises.

  • Il va être institué un médiateur de la sous-traitance.

  • Une semaine annuelle de l’industrie va être lancée.

Voilà avec quoi le chef de l’Etat entend redresser l’industrie française ! Le leurre est tellement énorme qu’on ne même pas parler de piège à pigeons : un opérateur employé chez Total, cité par le quotidien gratuit 20 minutes, résume l’opinion général en trois phrases : « Augmenter la production industrielle de 25 %, ça veut dire quoi ? Il faut voir de quel secteur il parle, c’est tellement vague. C’est phrases qu’il lance comme ça. » Du vent.

Ce qui n’est pas du vent, en revanche, c’est le chiffre du chômage, qui vient de tomber : 2,7 chômeurs au dernier trimestre 2009, soit 10 % de la population active.

Jean Pontet

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