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Les néolibéraux contre les contribuables


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Bonnal Nicolas - mercredi 01 octobre 2008

etats-unis, economie
La crise américaine s’étend, dure et devient chaque jour plus caricaturale, comme je l’écris depuis deux ans. Le système mis en place par les républicains, qui refuse le salaire minimum, la santé pour tous ou la protection des plus faibles, ne cesse de renflouer à coups de centaines de milliards de dollars les richissimes imprudents qui insultaient, il y a encore peu, les États européens.

Le néo-libéralisme a fait de la démocratie une ploutocratie aussi sotte qu’une cour d’ancien régime, avec l’appui des médias tous vendus aux groupes surpuissants de la communication. Je rappelle tout de même que Cobden avait fait voter les corn laws jadis pour faire baisser le prix du pain pour les pauvres, et que Frédéric Bastiat, qui siégeait à gauche, voulait plus de libéralisme pour aider les classes populaires et dépasser une économie d’ancien régime qui promettait de passer directement au socialisme de Louis Blanc.

Mais, avec le néo-libéralisme, nous n’en sommes plus là. Les néo-libéraux et leurs alliés néocons n’ont pas lu Milton Friedman ; ils veulent moins de recettes pour l’État, plus de richesses pour les ultra-riches, mais malheureusement aussi plus de dépenses. Plus de dépenses policières et de sécurité, plus de dépenses militaires aussi, puisqu’après la guerre contre l’Irak et l’Afghanistan, il faut aussi se préparer à une guerre contre l’Iran et la Russie. Comme disent Bill Bonner ou Thomas Friedman, on aurait préféré sauver Atlanta plutôt que Tbilissi, et donner un milliard aux familles ruinées de la Géorgie américaine plutôt qu’à celles de la Géorgie de Sakashvili. Mais il faut croire que c’était trop compliqué…

Les néo-libéraux adorent se référer à l’image de la vitre brisée de Bastiat. Chiche ! Une guerre à mille milliards de dollars, cela n’a peut-être pas d’effets pervers sur l’économie ? Une attitude folle de la FED qui a pratiqué une politique de prêts ridiculement conciliante et a incité au surendettement des ménages, cela n’a pas d’effets sur l’économie ? Une politique qui fait tout délocaliser, même l’agriculture, pour ne rêver de vivre que de la finance et de l’immobilier pour devenir riche à bon « conte », cela n’a pas de conséquences sur l’économie ? Une politique qui refuse d’investir dans l’éducation ou la maîtrise de l’immigration clandestine (elle fait baisser les salaires…), mais compte maintenant trois millions de prisonniers gardés par des surveillants surpayés, cela n’a pas de conséquences sur l’économie ?

C’est bien de ne pas vouloir payer pour l’éducation, la santé ou le reste : mais il faut en assumer le prix. Et c’est bien de vouloir casser la gueule à la planète jugée antidémocratique : mais il faut en assumer le prix.

Je m’amuse du Pérou à voir que les États-Unis de Bush ne comptent plus pour rien ici : on vire leurs ambassadeurs, on organise des réunions au sommet, on demande aux yankees de garder leurs distances, puisque le commerce du futur se fera de toute façon avec l’Asie.


Abby Cohen disait, peu avant le krach du printemps 2001, que les actions ne pouvaient pas monter jusqu’au ciel. Sans doute le prix des maisons le pouvait-il ? Et hop un appartement sur le toit du Pierre pour 70 millions de dollars, et un hop un chalet à Aspen vendu 130 millions de dollars. Et tous de se voir milliardaires simplement en regardant monter le cours de l’immobilier sur le web. Un éléphant, cela « trump » pourtant énormément…

La bacchanale financière des années 2000 a été dix fois pire que celle des années 80. Ses conséquences seront dix fois pires. Il avait fallu 4 milliards de dollars pour sauver LTMC, il y a une décennie. Là, il faut cent fois plus. Et c’est le contribuable américain, déjà ruiné par les guerres et ses dettes immobilières, qui va payer les pots cassés… Après tout, il a l’air soumis comme un moujik, alors autant en profiter !
Quant au dollar, dont Nixon disait cyniquement : C’est notre monnaie, mais c’est votre problème, là, il devient, plus que la Géorgie ou le Hezbollah, le problème américain !

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En bref
Immigration
 En 2006, sur 191 475 titres de séjour délivrés par la France, 13 471, soit 7 % seulement, l’étaient pour des motifs économiques. Cette proportion atteint 9,4 % en 2007.

Chiffres significatifs
Retraite > L’âge légal de la retraite dans la plupart des pays de l’OCDE est de 65 ans. La France, avec 60 ans, constitue une exception. La Norvège en est une autre : ses salariés prennent leur retraite légale à… 67 ans.

Sécurité > La direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI) compte 110 agents. À titre de comparaison, son homologue britannique en compte 450 et son homologue allemand 500…

Travail > Avec une moyenne de 38 heures hebdomadaires pour un temps complet dans le secteur marchand (hors emploi agricole), la France est le dernier pays de l’UE ; le premier pays (la Lettonie) travaillant pratiquement 42 heures par emploi…

Économie > Selon le « New York Times », un Américain buvant huit verres d’eau en bouteille par jour dépense pour cela 1 400 dollars par an, alors que la même quantité d’eau du robinet ne lui coûterait que 49 cents !

Rural > La population des communes de moins de 2000 habitants a progressé de 1,3 % par an en moyenne entre 1999 et 2006, contre 0,5 % entre 1990 et 1999.

Contestations > L’impôt sur le revenu a été l’impôt le plus contesté en 2007 (1 242 224 contestations), loin devant la taxe d’habitation (916 434 contestations), la redevance audiovisuelle (573 073 contestations), la taxe professionnelle (289 592 contestations) et la taxe foncière (289 592 contestations)…




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