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Les parachutes dorés des footballeurs


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Trémeau Bernard - mercredi 22 octobre 2008


Les médias avaient été informés que certains groupes de « jeunes » avaient l’intention de siffler la Marseillaise lors du match amical France-Tunisie. Très probablement, les responsables politiques devaient être aussi au courant de cette intention. Aujourd’hui, même un match de football amical mobilise à la télévision des millions de spectateurs. Siffler la Marseillaise a donc immédiatement un immense retentissement médiatique. Les « jeunes » ont parfaitement atteint leur but.

Ont-ils sifflé pour humilier l’ancien pays colonisateur ? Pour indiquer aux Français que le chômage touche particulièrement les Français d’origine tunisienne ? Ou simplement pour faire un coup médiatique, pour entendre parler d’eux en ouvrant leur poste de télévision ?

Il est impossible de répondre à ces trois questions et à beaucoup d’autres que l’on pourrait se poser.

Mais il est intéressant de rappeler à cette occasion un fait bassement matériel : les gentils joueurs de football ont des revenus bien supérieurs à ceux des « vilains patrons ».
Ces revenus sont même si importants que la plupart des membres de l’équipe de France ont leur domicile fiscal non pas en France où les gros revenus sont très imposés, mais dans des pays qui les imposent beaucoup moins. Pratiquement personne ne se scandalise de ces très gros revenus et de leur délocalisation fiscale à l’étranger. Et quand l’équipe de France se fait battre, personne ne réclame la diminution des revenus de ses membres.

On peut assimiler les 40 patrons des entreprises françaises les plus capitalisées en bourse (les entreprises du CAC 40) aux 22 joueurs de l’équipe nationale française. Les candidats joueurs de football négocient avec les responsables du club avant d’accepter leur embauche (prix d’achat, salaires, indemnité de départ…). Les candidats patrons négocient de la même façon avec le conseil d’administration de l’entreprise (salaire, intéressement, indemnité de départ…).

Plus les membres du club de football ou du conseil d’administration estiment importante la valeur du candidat, plus les différentes indemnités et les salaires sont élevés.

Comme la fiscalité touchant les entreprises françaises est très forte, pratiquement toutes les entreprises du CAC 40 ont délocalisé une partie plus ou moins importante de leur activité à l’étranger. En agissant ainsi, elles continuent à faire des bénéfices, ce qui est indispensable. Mais, pour y arriver, ferment certaines usines installées en France, ce qui donne du chômage.

Les PME françaises subissent encore bien plus le poids de la fiscalité nationale. L’immense majorité d’entre elles n’a plus les moyens financiers de se payer les services des conseillers juridiques et fiscaux nécessaires pour effectuer correctement la moindre délocalisation. Elles sont souvent obligées de déposer leur bilan. Leurs patrons se retrouvent alors au chômage avec bien souvent des dettes en prime. Ou elles végètent et n’arrivent pas à grandir. Mais certaines PME peuvent tout de même devenir de petites multinationales dynamiques. Leurs patrons, propriétaires le plus souvent, mettent dans leurs poche un bon paquet d’euros quand ils arrivent à les vendre.

Les revenus d’un joueur de football dont l’équipe perd ne sont jamais critiqués par qui que ce soit. Par contre, les revenus d’un patron sont toujours critiqués.
Car ce qu’il gagne quand son entreprise marche bien, il l’a pris à ses salariés. Si, finalement, son entreprise dépose le bilan, ses indemnités de départ deviennent un affreux « parachute doré » qu’il a « volé » aux « travailleurs ».

Nous trouvons donc normal que le joueur de foot qui nous donne une petite joie ait de très gros revenus, même si son équipe perd. Et nous trouvons scandaleux de donner de gros revenus à celui qui consacre son temps à augmenter notre pouvoir d’achat et à créer des emplois, quand son entreprise perd. Aujourd’hui, en France, les joies du cirque passent avant le pain. Curieux, non ?

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En bref
Dette
8 débiteurs français sur 10 perçoivent un revenu inférieur au Smic.

Chiffres significatifs
Carburants > La consommation de carburants a chuté de 9,7 % en août par rapport au mois d’août 2007. Pour l’essence, ce chiffre monte même à 14,1 % !

Chantier > Le nombre de mises en chantier de logements en France a reculé de 13,1 % sur la période juin-août 2008, par rapport à la même période de 2007, pour atteindre 106 689.

Création > Le second semestre de 2007 a vu une forte progression de la création d’entreprises en Ile-de-France : +14,9 % par rapport à la même période de 2006.

Privé > Le nombre d’élèves inscrits en primaire dans l’enseignement privé a légèrement baissé à la rentrée 2008 : 850 122 (contre 855 321 en 2007). En revanche, il a augmenté en secondaire : 1 108 196 (contre 1 107 618 en 2007)…

Marchés publics > L’ensemble des marchés publics européens représente 1 500 milliards d’euros, soit 16 % du PIB de l’Union européenne !

Logement > Les prix des logements anciens ont baissé de 2,9 % au troisième trimestre de 2008, par rapport au deuxième trimestre.

Ecstasy > En 2007, les douanes ont saisi 1 152 116 doses d’ecstasy, soit une baisse de 14 % par rapport à 2006 !

Crémation > Pour la première fois, la crémation dépasse l’inhumation : 51 % des Français préfèrent être incinérés contre 42 % qui préfèrent être enterrés. Les Français préférant l’incinération n’étaient que 20 % voici trente ans…




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