Lambert Christian - mardi 21 avril 2009
economie-francaise
D’entrée de jeu et pour couper court à toute ambiguïté, je dirai que le patron d’une entreprise menée à la faillite, obligée de licencier une partie de son personnel, et qui ne survit que grâce à l’aide de l’Etat, c’est-à-dire du contribuable, quittant l’entreprise avec des indemnités de plusieurs millions d’euros, c’est inadmissible ! Le problème est que la presse généralise à partir de quelques dizaines de cas, se gardant bien de dire que la France compte des milliers et des milliers de patrons qui gagnent moins de 2 000 euros par mois, travaillent 70 heures par semaine, avec la nuit pour penser à leurs responsabilités et à ce qui pourrait leur arriver.
Cette façon de présenter les choses, avec le plein accord des responsables de l’État au plus haut niveau qui, par démagogie, saisissent l’occasion pour crier avec les loups, est grave. Ce comportement ranime l’esprit de lutte des classes qui mine depuis longtemps la société française. Il encourage la confrontation et les violences. Depuis quelques temps, chaque jour ou presque, des chefs d’entreprise sont molestés, retenus en otages, insultés. Ces désordres, qui relèvent de la loi pénale, s’inscrivent dans une sorte de légalité sociale de gauche, en contradiction avec la légalité vraie, et engendrent peu à peu une psychose révolutionnaire anarchiste.
En l’espèce, la loi ne paraît plus s’appliquer aux coupables excités et protégés par les syndicats. Et on entend : « On veut bien libérer le patron après lui avoir cassé la figure, mais à la condition que les jours de grève soient payés… » Ces agissements ne font que s’ajouter aux violences quotidiennes que l’on connaît : 30 à 50 000 voitures incendiées par an, des professeurs poignardés presque chaque semaine, des établissements scolaires investis par des bandes armées. Le gouvernement n’est plus en mesure d’assurer l’ordre public. On vient de le constater aux Antilles, en Corse, à Strasbourg…
Ce qui n’est jamais dit non plus, c’est que le patron qui reçoit par exemple un million d’euros de bonus doit en reverser au moins la moitié au fisc. Ce qui n’est pas dit davantage, c’est que les larges indemnités éventuelles d’un patron résultent d’un contrat passé entre ledit patron et son entreprise au moment où il a été recruté. Si on se met à ne plus respecter les contrats, c’est la société qui s’écroule, car toute notre société, toute société humaine devrais-je dire, est fondée sur le contrat.
On observe aussi, dans le même ordre d’idées, que la démagogie à but de profits politiques personnels que mènent les plus hauts dirigeants de l’État, met de plus en plus en cause le droit de propriété pourtant inscrit dans la constitution. La décision du 12 mars de la ministre Christine Boutin, relative aux locataires, leur permettant, en fait, de ne pas payer leurs loyers, ne peut qu’engendrer des désordres et aggraver encore la crise de l’immobilier. Elle profitera d’abord aux immigrés, comme s’il n’y avait pas assez d’incitations à leur venue en France (cf l’article d’Alain Dumait dans le n° 683 du 20 mars : L’erreur tragique de Christine Boutin ).
Cette démagogie, qui est à l’origine de la crise actuelle parce qu’elle a encouragé dans le monde entier la distribution de crédits à tout va, a poussé l’État, en France en particulier, à donner le plus mauvais exemple en s’endettant lui-même jusqu’au cou : 1 327 milliards d’euros de dettes à ce jour, plus quelque 600 milliards de provisions pour les retraites, soit près de 2 000 milliards d’euros. Une dette qui non seulement n’est pas jugulée, mais qui va s’aggraver, puisque officiellement on prévoit que la dette française sera en 2012 à 88,1 % du PIB (aujourd’hui 68 %). Alors, pourquoi déplorer que tant de ménages s’endettent au-delà du raisonnable ?
Le déficit pour 2009 va doubler, pour atteindre 105 milliards d’euros. Qui va rembourser et quand ? Mystère. Ce qui n’empêche nullement d’élaborer des plans de relance à grands coups de milliards d’euros. Où les prend-on ? Quant à la Sécurité sociale (universelle), c’est le « lâchez tout » : 18 milliards d’euros de déficit cette année, le double de l’année dernière. Prions les dieux que les Arabes, les Chinois et peut-être les paradis fiscaux (!)continuent de prêter à la cigale. J’observerai au passage qu’il est de bon ton de partir en guerre, non seulement contre les patrons, les mauvais et les bons qui sont les plus nombreux, mais aussi contre les paradis fiscaux que je viens d’évoquer. Mais on se garde bien d’expliquer que ces paradis n’existeraient pas si la fiscalité, notamment pour ce qui est de la France – enfer fiscal –, avait été raisonnable. Y avaitil des paradis fiscaux avant la deuxième guerre mondiale ?
Si l’ISF n’avait pas été créé en 1981 à l’exigence du parti communiste et alourdi par des démagogues de droite, quelque 100 milliards d’euros seraient restés en France. L’impôt excessif est également la cause majeure du déficit commercial de la France. Les impôts multiformes et les tonnes de paperasseries administratives finissent par se répercuter sur les prix jugés trop élevés et, chaque jour, on perd des parts de marché.
Tout cela a créé une psychose démotivante, si bien que chaque année, 8 600 Français prennent le chemin de la Belgique, 6 300 celui de la Suisse, d’autres ceux de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Chaque année, les pertes cumulées pour la France dues à l’impôt sur le revenu et celles dues à l’ISF sont chiffrées à 27 milliards d’euros de recettes fiscales non recouvrées. Bref, c’est Gribouille qui gouverne la France.
Je ne parlerai pas de la fuite des cerveaux. 3 000 chercheurs français de valeur se sont fixés aux États-Unis. On sait que la France exporte ses bac+5 et importe les bac-5. Mieux, elle les fabrique à raison de 300 000 quasi-illettrés par an, produits par notre très chère Éducation nationale, dans des communes où l’on trouve jusqu’à 150 nationalités étrangères. Magnifique diversité !
La conclusion est simple. Tous ces facteurs indéniables, s’ils ne sont pas supprimés conduiront à terme à la disparition de la France. Avec un peu de chance, il nous restera les musées.
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