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Les « phobies » du politiquement correct


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Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 01 juin 2011

homosexualite, islam
Plus je lis les journaux, et plus je suis sidéré par l’ampleur de la diffusion d’une « novlangue » dans la classe politico-médiatique.
Cette « novlangue », com­me celle imaginée génialement par George Orwell dans son roman « 1984 », a pour objectif de nous empêcher de penser. Et, de fait, ce que l’on appelle généralement le « politiquement correct » nous empêche de penser. C‘est particulièrement vrai pour les diverses « phobies » qu’a découvertes cette novlangue.

Ne prenons que deux exemples : l’homophobie et l’islamophobie. Deux phobies plus ou moins contradictoires : il ne fait pas bon être homosexuel en terre d’islam ; et, par ailleurs, la communauté homosexuelle du nord de l’Europe est en première ligne dans la lutte contre l’islamisation
Mais ces deux « phobies » ont aussi un point commun : elles sont sévèrement réprimées par la bienséance médiatique et par la justice…

Qu’entend-on par « homophobie » ? En bonne étymologie, il s’agit de la peur du même. On voit mal qui pourrait être atteint de cette tare fâcheuse. A priori, l’immense majorité des êtres humains ont plutôt tendance à avoir peur de ce qui est différent d’eux que de ce qui leur est semblable.
On pourrait même remarquer que les homosexuels, au moins pour certains, sont des personnes marquées par une peur ou une haine de l’autre sexe, et donc par une sorte « d’hétérophobie », beaucoup plus manifeste que « l’homophobie » des hétérosexuels

Mais, me direz-vous, c’est jouer sur les mots : tout le monde sait bien que l’homophobie, c’est la phobie de l’homosexualité.
Peut-être, mais alors pourquoi ne pas le dire clairement ? La bonne étymologie, la bonne syntaxe, ne font sans doute pas tout, mais, sans elles, il y a bien peu de chances que nous nous comprenions…

Mon esprit tordu ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser que, si un délit est défini de façon aussi imprécise, il présente notamment la particularité de pouvoir s’étendre au gré du pouvoir, et ce n’est pas franchement rassurant pour les libertés publiques déjà bien malmenées en France. Cependant, ce qui est encore plus extravagant, c’est que cette « peur du même » est sanctionnée par la loi !

Par définition, me semble-t-il, une « phobie » ne se contrôle pas. On voit mal comment on pourrait condamner quelqu’un pour être agoraphobe (peur des foules), claustrophobe (peur des espaces confinés), ou arachnophobe (peur des araignées)… Pourquoi donc peut-on condamner quelqu’un pour homophobie, même si l’on entend par cette « peur du même » une « peur de l’homosexualité » (ou une « peur de l’homosexuel » ?). Si ce n’est pas vo­lontaire, ce n’est pas condamnable !

Il en va de même pour « l’islamophobie ». Après tout, le contact que les Européens ont eu avec l’islam pendant longtemps justifierait que nos « cerveaux reptiliens » en aient conçu une certaine peur de l’islam.

Nos ancêtres se sont fait égorger, ont été enlevés pour servir d’esclaves ou remplir les harems des sultans. Quelle que soit la part de l’islam dans le comportement des prédateurs, on peut concevoir qu’il ne soit pas spontanément évident pour tous que l’islam est une « religion de paix et d’amour »…

Et, pourtant, cette peur fait courir un risque pénal à celui qui la professe, éventuellement malgré lui. Avouez que la chose est troublante !
Ce qui est plus troublant encore, c’est que les textes législatifs français considèrent que l’islamophobie est une forme de racisme.

Là encore, on s’interroge sur la maîtrise de la langue française par nos « élites ». Car, à bien y réfléchir, c’est précisément faire de l’islamophobie une forme de racisme qui se trouve être une position… raciste. Si être islamophobe revient à être raciste, cela implique logiquement que l’islam, qui n’est évidemment pas une race, est professé par une race. En l’occurrence, je suppose qu’il s’agit de la race arabe. Mais ignore-t-on donc dans les salles de rédaction et les prétoires qu’il y a des Arabes chrétiens ? Ignore-t-on que la grande masse des musulmans ne sont pas Arabes… ni même arabophones (ce qui pose, soit dit en passant, de sérieux problèmes pour la lecture du Coran !) ?

Qu’on m’entende bien ! J’aime évidemment le français, mais je ne dis pas cela par purisme linguistique.
Je crois, je crains que ces imprécisions ne révèlent d’une part que la classe politico-médiatique n’a pas les idées très claires (ce qui est déjà grave) ; et, d’autre part, ce qui est plus grave encore, qu’elle veut nous interdire, à nous, d’avoir les idées claires !

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