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Les politiques et l’inflation


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Trémeau Bernard - dimanche 30 janvier 2005


Le chancelier allemand, puis le ministre des Affaires étrangères italien, viennent d’accorder une interview au journal « Le Monde ». Ils demandent tous les deux un assouplissement du pacte de stabilité, en particulier le droit pour les États de pouvoir faire dans certaines circonstances un déficit budgétaire supérieur aux fameux 3 % du PIB.
La France, de son côté, est aussi en déficit depuis plusieurs années. Le chômage qui pèse sur l’Europe rend le pacte de stabilité qu’ils ont tous signé insupportable aux responsables politiques.
Il se dégage de tous ces débats deux idées fortes.
La politique de création monétaire de la Banque Centrale Européenne (dont la mission est de maintenir une inflation de l’euro inférieure à 2 %) serait responsable du chômage. Il faudrait une politique monétaire plus souple, mais la BCE indépendante refuse d’exposer l’euro à l’inflation. Pour s’opposer au chômage engendré par cette politique « trop » rigoureuse, les États européens doivent pouvoir relancer leur économie en utilisant le déficit budgétaire.
Une deuxième notion apparaît. Pour investir, que ce soit dans l’éducation, l’innovation, la recherche ou le développement, le déficit budgétaire est un bon déficit, alors que le déficit finançant uniquement la relance de la demande est un déficit qu’il ne faut pas accepter.
Les responsables monétaires européens font leur travail correctement. Ils ont pour mission de maintenir l’inflation de l’euro aux environs de 2 %, et ils y arrivent en modifiant les taux d’intérêts à court terme. Quand l’inflation menace, ils augmentent les taux et réduisent la création monétaire. Quand l’inflation s’éloigne, ils réduisent les taux et augmentent ainsi la création monétaire.

Favoriser la demande en limitant l’offre…


Mais les responsables politiques européens leur compliquent très sérieusement la vie. Ils ont pratiquement tous l’habitude, la manie, de créer des lois favorisant la demande, tout en créant d’autres lois réduisant les capacités de l’offre. En gros, ils tapent dans la poche des entrepreneurs pour distribuer l’argent à tous ceux qui consomment. Ils mènent ainsi une politique inflationniste.
Comme l’inflation menace, les autorités monétaires réagissent et réduisent la création monétaire. L’économie se développe moins rapidement et le chômage apparaît. Les hommes politiques accusent alors les dirigeants monétaires d’être responsables du chômage en étant trop rigoureux. Les politiques décident alors d’utiliser le déficit budgétaire pour relancer l’économie. Ils augmentent ainsi l’inflation, donc la rigueur de la politique monétaire. L’économie stagne de plus en plus et le chômage grimpe.
C’est ici qu’intervient la deuxième idée-force émise par le chancelier Schröder. Il y a, d’un côté, des dépenses d’investissement qui provoquent une croissance de l’économie et il y a de l’autre les dépenses de consommation qui n’engendrent pas de croissance future. Il ne précise malheureusement pas la cause de cette différence. Les premières augmentent les capacités de l’offre, donc s’opposent à l’inflation. Les secondes augmentent les capacités de la demande, donc favorisent l’inflation. Les politiques sont donc capables d’avoir une action moins inflationniste.
Nos responsables politiques européens sont sur le bon chemin. Mais il faut qu’ils aillent jusqu’au bout de leur parcours économique. Il faut d’abord qu’ils mettent en place une législation économique qui ne défavorise plus les investisseurs et ils ont un immense travail de dépoussiérage à effectuer.
Il faut ensuite qu’ils cessent d’utiliser la création monétaire pour augmenter la demande, et qu’ils ne l’utilisent que pour augmenter les capacités de l’offre. Ils s’opposeront ainsi à l’inflation.
La BCE, recevant le soutien des politiques dans sa lutte contre l’inflation, pourra alors créer bien plus de monnaie, avoir une politique monétaire plus dynamique
Notre pouvoir d’achat va augmenter bien plus rapidement et le chômage va disparaître.


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En bref
AGRICULTEURS

 Le revenu annuel des agriculteurs français a reculé de 3,7 % en 2004. Ce chiffre s’élève même à 7 % pour les agriculteurs non salariés…

 

Chiffres significatifs

VIEILLESSE á L’ensemble des aides sociales aux personnes âgées était évalué à 4,3 milliards d’euros en 2003. Ces dépenses croissent fortement : +33 % par rapport à 2002 !

EPCI á Au 1er janvier 2004, on comptait en France 2 461 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, qui regroupaient 50,7 millions d’habitants.

DÉVELOPPEMENT á L’aide publique au développement s’est élevée en 2003 à 68,5 milliards de dollars dans le monde…

MÉDECINS á 55 000 médecins généralistes exercent en cabinet.

ACCIDENTS á Durant l’année scolaire 2003-2004, 58 271 accidents sont survenus en milieu scolaire, pour un total de 12,5 millions d’élèves.

ÉDUCATION á En 2005, l’Éducation nationale devrait diminuer de 3 400 les postes d’enseignants titulaires du second degré et de 2 100 les postes d’enseignants contractuels. Par ailleurs, 800 postes d’administratifs devraient être supprimés. Mais près de 10 000 assistants d’éducation devraient être engagés !

PROTESTANTS á Les protestants représentent 2,2 % de la population française, soit 1,3 million de personnes. Ce nombre a tendance à augmenter du fait de l’essor du mouvement évangélique, que l’on estime à 400 000 membres.

HÔTELS á La France compte 2 870 hôtels, pour un total de 225 633 chambres.




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