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Les premiers choix de Nicolas Sarkozy |
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Trémeau Bernard - mercredi 30 mai 2007
sarkozy, europe, economie
Nicolas Sarkozy a montré, dès le premier jour de son installation, un choix fondamental : il est allé à Berlin pour bien nous montrer qu’il veut que la France reste dans le Marché commun. Il a donc choisi de ne pas isoler le marché français du marché européen. Ce choix est essentiel. Car plus le marché dans lequel nous vivons est vaste, plus notre richesse est grande. Les prix baissent, tandis que la qualité et la diversité des produits proposés augmentent. Les consommateurs français sont les grands bénéficiaires de cet élargissement de la concurrence.
En revanche, ce choix a une conséquence immédiate normale. Les entreprises françaises sont mises en concurrence avec toutes les entreprises européennes. C’est pour avoir ignoré pendant des années cette notion de simple bon sens que Jacques Chirac a détruit l’économie française. Il semble que Nicolas Sarkozy ait compris qu’il fallait rendre nos entreprises compétitives. Et c’est probablement là où se situe la fameuse rupture.
Deux questions préalables doivent cependant être posées.
- D’immenses secteurs de l’économie française, comme l’Éducation nationale ou la Santé, sont étatisés. Ces services publics resteront-ils en dehors de toute concurrence ? Nous continuerons alors à avoir beaucoup d’enfants sortant de l’école sans savoir lire ou écrire et des hôpitaux publics coûtant deux fois plus cher que les cliniques privées.
- De grandes entreprises françaises sont malmenées par la concurrence. Nicolas Sarkozy est allé à Toulouse pour dire à leurs salariés qu’on ne les oubliera pas. Est-ce un retour au « nationalisme économique » ou est-ce une prise en charge efficace de leur reconversion ?
Du fait que les entreprises françaises ne sont plus compétitives, l’entrée de la France dans le Marché commun est devenue source de chômage, de précarité, et de pauvreté. Car les Français continuent d’acheter, mais ils achètent étranger : notre balance commerciale se détériore. Les entreprises françaises vendent de moins en moins à l’étranger : la France perd des parts de marché. Comme les Français et les Européens préfèrent les produits étrangers, les entreprises françaises ont de moins en moins de clients : pour essayer de rester compétitives, elles n’embauchent plus, réduisent le plus possible les salaires de leurs employés, puis licencient. Finalement, elles délocalisent de plus en plus ou ferment.
Nicolas Sarkozy veut rendre nos entreprises compétitives. Il annonce différentes mesures pour y parvenir.
- Il remplace les charges sociales payées par l’entreprise par un impôt sur la consommation, la TVA sociale. Ainsi, quand le prix de revient d’un produit fabriqué en France diminue de 5 euros, le prix d’achat du même produit importé augmente de 5 euros. Il est difficile de trouver une réforme aussi simple et astucieuse pour rendre nos entreprises plus compétitives. Bravo. Copions l’Allemagne.
- Il modifie les conditions de paiement des heures supplémentaires. Pour permettre de travailler plus de 35 heures, sans réduire la compétitivité de l’entreprise, on maintient les 35 heures payées comme 39 ; on maintient l’augmentation de 25 % du salaire perçu par le salarié pour les heures supplémentaires ; on supprime les charges correspondantes payées par l’entreprise (40 % du salaire perçu) ; et finalement on exonère d’impôt le revenu issu des heures supplémentaires… Le système est très astucieux, il fallait y penser et tout le monde est gagnant : le salarié qui touche ses heures supplémentaires majorées et défiscalisées, l’employeur qui ne paye plus de charges sociales sur ces heures et l’État qui récupère une heure de production supplémentaire.
C’est une reprise de l’économie. Mais une telle usine à gaz augmente de façon fantastique le travail et le pouvoir de l’administration. Elle est digne d’un énarque.
- Il annonce aussi que le taux d’imposition des entreprises françaises sera abaissé au taux européen.
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À-valoir
Ségolène Royal s’est engagée à rembourser aux éditions Flammarion l’à-valoir de 20 000 euros perçu pour un livre qu’elle devait écrire avec la journaliste Pascale Amaudric : elle a renoncé à publier le manuscrit, qui était achevé, quelques semaines avant le scrutin, préférant signer un recueil d’entretiens avec une autre journaliste, Marie-Françoise Colombani, chez Hachette.
Chiffres significatifs
Bulle > En Chine, l’engouement pour la Bourse atteint des sommets : les particuliers ouvrent 300 000 comptes titres par semaine.
Exil > Le nombre de Français partant vivre leur retraite à l’étranger s’est accru de 13 % durant les cinq dernières années.
Le Shérif > Les enlèvements par les FARC, en Colombie, sont passés de 3 000 par an en 2000, à 300 en 2006, grâce à la politique musclée du président Alvaro Uribe, surnommé le « Shérif », qui règle ses comptes avec les assassins de son père.
Cyber-attaque > Les autorités estoniennes ayant déplacé un monument à la gloire des soldats de l’ex-URSS, la Russie inflige un piratage informatique à grande échelle à l’Estonie : plus de 2 000 intrusions par seconde – au lieu d’un millier de visites par jour – sur les réseaux de la police, du Parlement, ou du ministère des Finances, pour les « griller » temporairement.
Immobilier > Paris est la 2e ville la plus chère d’Europe, et la 10e dans le monde : y louer un appartement coûte en moyenne 1 500 euros par mois. C’est 50 % de plus à Londres.
Francophonie > Israël compte quelque 500 000 francophones. |
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